Expulsions de jeunes scolarisés: Les lycéens espèrent renouer avec la mobilisation

SOCIETE Des lycéens vont à nouveau manifester mardi pour réclamer le retour de Khatchik et Leonarda, et l’arrêt des expulsions de sans-papiers scolarisés...

Enora Ollivier

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Les lycéens parisiens manifestent contre les expulsions d'éléves sans papier, le 4 novembre 2013.
Les lycéens parisiens manifestent contre les expulsions d'éléves sans papier, le 4 novembre 2013. — ENORA OLLIVIER/20 MINUTES

C’était, promettent-ils, une simple mise en jambe. A la veille d’une mobilisation nationale, mardi, environ 250 lycéens parisiens se sont brièvement rassemblés ce lundi matin place de la République, tandis que des établissements ont été bloqués pendant quelques heures. Leurs revendications restent le retour de Leonarda et de Khatchik, renvoyés respectivement au Kosovo et en Arménie en octobre, et l’arrêt des expulsions des sans-papiers scolarisés. Seulement, près d’un mois après ces expulsions emblématiques et au moment où les élèves retrouvent le chemin du lycée après deux semaines de vacances, les jeunes peuvent-ils mobiliser de nouveau?

Sur la place de la République, le rassemblement a duré à peine une heure et on y a remarqué davantage les policiers que les manifestants, regroupés derrière une banderole «papiers ou pas, l’éducation pour tous». Peu importe, assure-t-on sur place: la mobilisation, la vraie, aura lieu mardi.

«Hollande ne respecte pas ses engagements»

Les organisations UNL, Fidl et Unef ont appelé à des manifestations à Paris et dans les grandes villes. Et ont bon espoir de réussir à rassembler encore autour de la cause. «Pendant les vacances, il y a eu des assemblées générales et des rassemblements», raconte Ivan Dementhon, le président de l’UNL, qui indique par ailleurs avoir vu ce lundi des «lycéens mobilisés comme rarement ces dernières années, autour des valeurs de solidarité».

«Tant qu’il n’y aura pas de loi interdisant les expulsions de jeunes scolarisés, on va continuer», explique Lucas, élève de terminale ES au lycée Dorian. «Pendant sa campagne, François Hollande voulait mettre les jeunes au centre et là, il en expulse! Il ne respecte pas ses engagements.»

«Pas de violence, pas de blocus», a demandé ce lundi sur France Inter le ministre de l’Education Vincent Peillon, jugeant qu’il «ne faut pas empêcher, quand on veut la scolarisation des enfants, ses autres camarades d'être scolarisés». «Le gouvernement, lui, a bien empêché des lycéens de poursuivre leur scolarité en les expulsant», ironise Ivan Dementhon, qui ajoute que les blocages «sont décidés de façon démocratique en AG». Ce que confirme une lycéenne parisienne rencontrée place de la République, assurant aussi que les blocages sont par ailleurs «étudiés en intelligence avec l’administration, notamment pour laisser les BTS entrer dans l’établissement».