Jean-Marc Ayrault annonce la suspension de l’écotaxe

POLITIQUE La grogne des agriculteurs bretons a porté ses fruits...

M.P. avec AFP

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Jean-Marc Ayrault à Metz le 5 octobre 2013.
Jean-Marc Ayrault à Metz le 5 octobre 2013. — POL EMILE / SIPA

Ce n’est pas un compromis, c’est un nouveau recul. Jean-Marc Ayrault a annoncé ce mardi la suspension de l’écotaxe sur tout le territoire français. Le Premier ministre s’est exprimé à l’issue d’une réunion avec tous les ministres concernés par le dossier et les élus de Bretagne, région d’où est partie la grogne contre cette nouvelle taxe poids lourds. Cette mesure, prévue par la précédente majorité, doit être «corrigée», a indiqué le Premier ministre, ajoutant que «pour y parvenir, il n'y a qu'un moyen, c'est le dialogue». «Le courage, ce n'est pas l'obstination, c'est écouter, comprendre», s’est encore justifié le chef du gouvernement.

Cette annonce n’a visiblement pas calmé la grogne des Bretons, puisque la manifestation prévue samedi à Quimper (Finistère) est maintenue car ce n’est pas la suspension mais «la suppression» de l’écotaxe qui est demandée, a expliqué Christian Troadec, maire (DVG) de Carhaix et responsable du collectif qui a lancé l'appel à manifester.

Un «geste d’apaisement»

De leur côté, les élus bretons présents à la réunion semblent satisfaits. Cette suspension, sans limite de durée, est nationale «afin d'éviter les distorsions entre les territoires et les entreprises», a précisé le député PS Jean-Jacques Urvoas, qui avait annoncé la décision du Premier ministre dans un communiqué avant que celui-ci ne prenne la parole. Elle ouvre selon lui «la voie à l'élaboration collective du ‘plan d'avenir pour la Bretagne’ dont notre région a un besoin impérieux». Cette décision est «courageuse» et «témoigne de l'attention indéfectible que porte Jean-Marc Ayrault à la gravité de la situation bretonne», a-t-il souligné.

Marylise Lebranchu, un des ministres élus de Bretagne invités à la réunion de Matignon, a salué ce mardi dans cette suspension «un geste extrêmement courageux». «Je rappelle que l'ancienne majorité avait non seulement voté l’écotaxe, mais passé un marché en partenariat public-privé qui coûte 800 millions d'euros en cas de dédit, donc il faudra que chacun assume ses responsabilités», a déclaré la ministre de la Fonction publique à BFMTV, à l'issue de cette réunion.

Seul élu breton représentant l'UDI, et seul participant de l'opposition à la réunion de Matignon, boycottée par l'UMP, le député d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoit a salué «un geste d'apaisement» de la part du chef du gouvernement. Jean-François Copé s’est dit de son côté «satisfait» de cette proposition du Premier ministre sur cette mesure initiée par le gouvernement de François Fillon en 2009.

Cette décision a été évidemment dénoncée par les associations écologistes. France Nature Environnement (FNE) a jugé cette décision «lamentable». «Il n'y a aucun courage politique», s'est insurgé Bruno Genty, président de cette fédération regroupant quelque 3.000 associations environnementales, joint par l'AFP. «Une mesure votée par la droite comme la gauche est remis en cause à partir du moment où un groupe d'individus cassent des biens publics», a-t-il déploré.