L’accord MoDem-UDI coince sur les municipales

Maud Pierron

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Jean-François Copé, président de l'UMP, François Bayrou, président du Modem, et Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, le 7 juin 2013 à Paris.
Jean-François Copé, président de l'UMP, François Bayrou, président du Modem, et Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, le 7 juin 2013 à Paris. — C. PLATIAU/AFP PHOTO/ POOL

«Le contrat» qui doit lier l’UDI et le MoDem «est prêt», a claironné François Bayrou ce jeudi matin sur RTL.  Dans un premier temps, il avait annoncé que l'accord serait officialisé avant la fin de semaine, mais selon des sources concordantes, il ne devrait pas être entériné avant le début de semaine prochaine. «Il reste quelques détails à régler pour les municipales, c’est vrai. Mais à ma connaissance, rien de grave, tout sera vu ensemble», explique-t-on dans l’entourage de François Bayrou.

Sauf que ce n’est pas si simple: si Jean-Louis Borloo a demandé à son futur allié une «clarification», c'est-à-dire de se situer clairement dans l’opposition après avoir appelé à voter Hollande en mai 2012. Et les accords parfois à géométrie variable du MoDem posent parfois problèmes pour les élections de mars prochains. «A Marseille et à Dijon, où le MoDem va soutenir le PS, c’est un problème, pas un détail», rétorque-t-on à l’UDI. «Dans 98% des cas, on est d’accord. Ils ont quelques problèmes dans certaines villes, mais nous aussi: on ne soutiendra jamais Patrick Balkany à Levallois et Joëlle Ceccaldi-Reynaud à Puteaux», relativise-t-on du côté du MoDem où l’on se montre très optimiste sur l’obtention d’un accord rapide.

«Il faut des preuves d’amour»

Du côté de l’UDI, l’analyse n’est pas la même: «Pardon mais Marseille et Dijon, ce sont des symboles nationaux: c’est la deuxième ville de France et la ville dirigée par François Rebsamen, le président du groupe socialiste au Sénat», tousse-t-on dans l’entourage de Borloo. Marc Fesneau, le secrétaire général du MoDem, temporise lui aussi, sans céder: «Nous sommes réciproquement pas d’accord sur certains cas. Mais ce sont moins des affaires d’étiquettes que d’hommes», assure-t-il, affichant un grand «optimisme». «Il s’agit plus d’un contrat que d’une union. Il faut que chacun apporte sa pierre et son parcours. Mais nous nous réunissons autour d’un même objectif: offrir une offre politique nouvelle aux Français pour que ceux qui sont déçus par le PS, et pas attirés par l’UMP, n’aient pas à se tourner vers l’abstention ou les extrêmes».

Une différence d’appréciation qui pourrait retarder un peu l’accord entre les deux partis. «Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. S’il faut attendre quelques semaines de plus pour être totalement d’accord sur tout, faisons-le. On a besoin de clarification, ce n’est pas une simple alliance électorale que nous faisons. Chat échaudé craint l’eau froide: pour que cela fonctionne, il faut des preuves d’amour», explique un cadre de l’UDI.