Le FN surveille les comptes Facebook de ses candidats

Alexandre Sulzer

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La présidente du Front national Marine Le Pen et le secrétaire général du parti Steeve Briois le 11 juin 2012 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).
La présidente du Front national Marine Le Pen et le secrétaire général du parti Steeve Briois le 11 juin 2012 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). — AFP PHOTO / DENIS CHARLET

Silence dans les rangs (et sur les réseaux sociaux). Après les propos racistes d’une ex-candidate du FN, comparant Christiane Taubira à un singe, le secrétaire général du parti a envoyé un courrier, doublé d’un e-mail, aux secrétaires départementaux leur demandant de surveiller les comptes Facebook des candidats. Un document qui a fuité dans l’hebdomadaire d’extrême droite Minute et dont Steeve Briois a confirmé l’existence à 20 Minutes.

 Dans ce document, le dirigeant demande aux secrétaires départementaux de «vérifier, ou faire vérifier, le contenu des pages Facebook et des tweets des candidats investis (ou à investir) aux élections municipales dans leur département». Il leur demande même d’«établir un rapport ville par ville sur la bonne tenue du compte Facebook» de chaque candidat dont ils ont la responsabilité.

Vérifier qu’il n’y ait «pas d’excès» dans la communication

«Ce n’est pas une nouveauté, relativise Steeve Briois à 20 Minutes. Nous avons pris l’habitude de demander à nos candidats d’avoir un comportement irréprochable.» L’enjeu étant de «vérifier que nos cadres correspondent bien à la ligne» du parti et qu’il n’y ait pas «d’excès dans leur communication».

Être contraint de faire cette mise en garde n’est-elle pas déjà en soi un aveu de faiblesse? «Il peut y avoir des brebis [galeuses] partout, dans la presse, dans les associations», répond le secrétaire général. Pourquoi la vigilance est-elle portée essentiellement sur Facebook? «C’est sur Facebook qu’il y a généralement le plus de problèmes», assure Steeve Briois selon lequel des «pièges» seraient tendus par les adversaires politiques comme des insultes dont l’objectif serait de pousser les candidats frontistes à la faute. Il reconnaît aussi que les candidats «pensent avoir une totale liberté de parole» sur Internet.

Tous les comptes, de campagne comme privés et quelles que soient les règles de confidentialité, sont concernés par les instructions du parti. «Quand on est candidat, le privé, c’est fini.»