«Conne», «salope», Taubira «dans un arbre», les politiques en surchauffe

M.P. avec P.K.

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Capture d'écran du compte twitter de Jean Bourdeau.
Capture d'écran du compte twitter de Jean Bourdeau. — Capture d'écran 20 Minutes

Coup de chaud dans la classe politique. Les bienfaits des vacances se sont semble-t-il évaporés, à en croire la multiplication des invectives, allègrement relayés sur les réseaux sociaux. Insulte, sexisme, et même racisme, petit florilège de ce mois d’octobre trash.

Taubira comparée à un singe

Effarement jeudi soir quand un reportage d’Envoyé spécial révèle qu’une candidate FN dans les Ardennes publie sur son compte Facebook un montage photos de la ministre de la Justice Christiane Taubira et d’un singe. Le FN n’a pas traîné et suspendu dès vendredi Anne-Sophie Leclere. Cette dernière tente de se défendre : «Je n'ai pas eu de propos racistes, même si mes commentaires à la télévision ont été maladroits.»

«Conne» et «salope» 

En début de semaine, c’est entre le FN et un collaborateur d’un sénateur PS que le ton est monté. Jean Bourdeau, assistant du sénateur PS Jean-Pierre Michel l’a qualifiée sur Twitter de «conne» et de «salope», un message abondamment relayé sur le réseau social. La jeune députée s’en est émue, réclamant au PS des excuses. Des excuses qui ne sont toujours pas intervenues, le tweet n’a d’ailleurs pas été retiré. La porte-parole du PS, Laurence Rossignol, a simplement jugé que ce message était «grossier, stupide et inutile» et que Marion Maréchal-Le Pen était «l’héritière d’une longue tradition politique de propos déplacés». « Deux poids deux mesures», a dénoncé la députée FN, en référence à l’affaire du caquetage qui avait secoué l’Assemblée mi-octobre.

L’affaire de la poule

La température est en effet montée d’un cran dans l’hémicycle quand la semaine dernière,  des députés UMP se sont mis à caqueter lorsque la députée EELV Véronique Massoneau a pris la parole. L’élu UMP Philippe Le Ray a notamment été pris en flagrant délit par les caméras du Palais Bourbon en train d’imiter la poule. Résultat: après des réactions courroucées des élu(e) s de la majorité, le député UMP s’est excusé et a été sanctionné par le bureau de l’Assemblée.

«Conne», déjà

Vendredi dernier, c’est Nadine Morano qui a été traitée de «conne». Non par un élu mais par Guy Bedos lors d’un spectacle à Toul. Elle a évidemment demandé des excuses et menacé de porter plainte pour «insulte public» mais l’humoriste ne compte pas accéder aux demandes de la conseillère municipales UMP.

Un mois d’octobre bien chargé donc, mais difficile d’en tirer des enseignements sur la déliquescence du débat politique ou l’avènement d’une certaine forme de vulgarité, car l’insulte en politique n’a rien de nouveau. Rien que ces dernières années, du «casse-toi pov’con» de Sarkozy à un Français (2008), au «sale con» d’Henri Guaino au socialiste Jérôme Guedj (2012) au «sale mec» de François Hollande à Nicolas Sarkozy (2012) en passant par le décidément très populaire «salope» de Patrick Devedjian à Anne-Marie Comparini (2007), le dérapage, plus ou moins contrôlé est devenu un classique.