Affaire Leonarda/Mobilisation lycéenne: «Vous ne réunissez pas des milliers de lycéens s'ils n'ont rien à dire»

Propos recueillis par Matthieu Goar

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Un lycéen manifeste pour le retour des jeunes étrangers expulsés, le 17 octobre 2013. 
Un lycéen manifeste pour le retour des jeunes étrangers expulsés, le 17 octobre 2013.  — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La mobilisation lycéenne n’a pas faibli. Au contraire. Ce vendredi, en France, au moins une cinquantaine de lycées se sont impliqués dans des actions pour l’arrêt de l’expulsion des lycéens étrangers. Entretien avec Juliette Chilowicz, la secrétaire générale de la Fidl, le principal syndicat lycéen.

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Etes-vous satisfaite de la mobilisation ?

Nous sommes extrêmement heureux de la mobilisation. Beaucoup de lycées qui n’étaient pas bloqués jeudi nous ont rejoints aujourd’hui [vendredi]. Selon nos estimations, près de 13.000 lycéens ont fait grève pour Leonarda et Khatchik [l’AFP estime qu’une cinquantaine de lycées étaient touchés, vendredi, notamment 23 sur les 100 lycées parisiens].

Le mouvement va-t-il s’arrêter avec le début des vacances?

Nous allons profiter des vacances pour faire tourner l’information, pour discuter. L’essentiel est de réfléchir à la poursuite de notre mobilisation. Peut-être que pendant les vacances, il sera plus dur d’organiser d’immenses manifestations, mais il faut mettre en place des rassemblements. Nous allons nous réunir en AG [assemblée générale] en fin d’après-midi pour décider de la suite. Chacun doit pouvoir prendre la parole.

Attendez-vous les conclusions de l’enquête administrative sur l’expulsion de Leonarda pour vous décider?

Non, on ne tient pas compte des résultats de l’enquête. Limite, on s’en fout. Pour nous ce qui compte, c’est le retour de nos potes, Leonarda et Khatchik [le jeune Arménien expulsé le 12 octobre]. Nous avons des revendications à faire entendre. Il faut arrêter d’expulser des lycéens, des jeunes étudiants. L’éducation est un droit pour tous. Cela doit être une valeur de la république, comme l’égalité, la liberté ou la fraternité.

Certains, et notamment des lycéens engagés, affirment que le mouvement est simplement opportuniste, une façon de sécher les cours. Que leur répondez-vous?

C’est faux. Pour Khatchik , nous étions présents à l’aéroport le jeudi [le vol avait été annulé], puis le samedi, sans avoir pu empêcher malheureusement le départ de son avion. Ensuite, son lycée a été bloqué dès le lundi puis la mobilisation a pris de jour en jour. Mais cela ne s’est fait pas en 24 heures. Mais, pour réunir 2.500 personnes à Paris [selon les chiffres de la police] cet-après-midi, il fallait bien que ces jeunes ait des choses à dire.