Municipales 2014 à Marseille : Patrick Mennucci, le franc parler

PORTRAIT Le maire du 1er secteur de Marseille affronte dimanche le maire du 8e secteur, Samia Ghali...

A Marseille, Amandine Rancoule

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L'homme politique marseillais (PS) Patrick Mennucci, le 2 mars 2013, à Marseille.
L'homme politique marseillais (PS) Patrick Mennucci, le 2 mars 2013, à Marseille. — AFP PHOTO / BORIS HORVAT

En homme politique aguerri, Patrick Mennucci le sait: le top départ de la course aux tractations a été lancé dès dimanche soir. Arrivé en seconde position derrière Samia Ghali, le député-maire du 1ersecteur peut compter sur le soutien de Marie-Arlette Carlotti et d’Henri Jibrayel. A eux trois, ils comptabilisent 8.950 suffrages. Ce mercredi, Eugène Caselli et ses 3.380 voix devraient aussi lui apporter un soutien, et ce malgré la récente incartade du président de la communauté urbaine.

«Patrick Mennucci ne sera jamais maire de Marseille», avait-il présagé. «Je viens de le quitter, raconte l’intéressé, mardi soir. Il me soutien… dra demain», laisse-t-il échapper alors que le président de MPM s’abstient de commentaires. «Eugène Caselli a reçu des coups de fil de Matignon pour le soutenir», fulmine Samia Ghali. Car même si Christophe Masse décide de se rallier à elle, il manquerait quelque 4.000 voix à la maire du 8e secteur pour remporter le second tour. «Dimanche soir, nous allons nous retrouver côte à côte, calme le député maire. Je connais Samia depuis longtemps, ses qualités me seront très utiles si je gagne».

Afficher l’unité

C’est donc le nouveau credo: afficher l’unité. «Pourtant, il divise jusque dans son propre camp», souffle Yves Moraine, le président du groupe UMP au conseil municipal, un de ses meilleurs ennemis. En janvier, Patrick Mennucci, le verbe fort déjà en campagne, s’est vu débarquer par ses amis de son poste de leader du groupe PS. «Dans l’hémicycle, il est brutal et autoritaire mais en privé, on peut discuter, consent Yves Moraine, à la tête de la mission centre-ville avec lui. Il connaît le mieux ses dossiers de tous les candidats PS ».

Il faut dire, âgé de 58 ans, l’enfant de la Cabucelle (15e) est entré dans la majorité Defferre en 1983. Ex-soutien de Ségolène Royal en 2006 et directeur de campagne de Guérini en 2008, il se démarque aujourd’hui du président du département mis en examen. «Il a été élevé au biberon du clientélisme, estime un détracteur. Et je ne parle pas que de l’enquête en cours». En juin 2012, l’union des familles musulmanes, longtemps dirigée par l’actuelle assistante parlementaire de Mennucci, a reçu 90.000 euros de subvention de la Région. Et à cette époque, il en était l’un des vice-présidents.