Christian Jacob s'interroge sur la «légitimité» d'Ayrault

POLITIQUE Le député UMP évoque un «échec total de la politique menée depuis 18 mois»...

avec AFP

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Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, le 3 février 2013, lors des débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée.
Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, le 3 février 2013, lors des débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée. — WITT/SIPA

Le patron des députés UMP Christian Jacob s'est interrogé mardi sur la «légitimité» de Jean-Marc Ayrault au poste de Premier ministre, compte tenu de «l'échec total de la politique menée depuis 18 mois» et de son «impopularité». Jean-Marc Ayrault «est confronté à une débandade sans précédent» en raison de l'«échec total de la politique menée depuis 18 mois, dans les secteurs économiques, sociaux, de la sécurité» entre autres, selon M. Jacob.

«Matraquage fiscal sans fin»

Il a aussi critiqué un «matraquage fiscal sans fin» et annoncé une forte mobilisation des députés UMP lors du débat sur le projet de loi de finances pour 2014. «Son impopularité (de M. Ayrault) et celle du chef de l'Etat poseront au sein de sa propre majorité à un moment ou un autre la question de la légitimité», estime-t-il, alors que d'après lui «sur plusieurs sujets la majorité se fracture».

Interrogé sur l'idée que le Premier ministre devrait quitter son poste, le député de Seine-et-Marne a répondu en conférence de presse qu'il revenait à François Hollande et Jean-Marc Ayrault d'«en décider». Comme le président de l'UMP Jean-François Copé, Christian Jacob juge que Jean-Marc Ayrault a «perdu ses nerfs» en assurant que la responsabilité des dirigeants de l'UMP était «extrêmement importante» dans la victoire du FN à Brignoles (Var). Après huit élections législatives partielles perdues depuis 18 mois par la gauche, «c'est du jamais vu, cette hémorragie électorale», relève Christian Jacob.

Il tacle l'échec de Carlotti

Il a aussi cité une «déperdition des ministres» Vincent Peillon et Marie-Arlette Carlotti comme facteur concourant à la perte de légitimité du chef du gouvernement. Le président des députés UMP a pointé «l'échec aux primaires de la représentante du gouvernement à Marseille»,  Marie-Arlette Carlotti, «incarnation du rejet du gouvernement par les militants et sympathisants PS, ceux les plus proches du gouvernement» selon lui. Quant au ministre de l'Education, «il pose une réforme (des rythmes scolaires, ndlr) sans concertation, avec un rejet complet» et annonce aussitôt qu'en 2014 il sera «parti», d'après Christian Jacob, en référence à la nouvelle candidature de M. Peillon aux européennes. «Courage Peillon, courage fuyons!», a raillé le leader de l'opposition parlementaire.

Des propos «graves» pour Lepetit

Annick Lepetit, porte-parole des députés socialistes, a qualifié mardi de «graves» les propos du président du groupe UMP. «D'habitude ce genre de propos, c'est plutôt l'extrême droite qui l'emploie. Je trouve curieux que le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale puisse se permettre de parler d'un gouvernement illégitime. J'aimerais qu'il s'explique davantage sur cette question, Je trouve ça grave en tout cas», a-t-elle poursuivi.