Fillon veut faire des municipales un «référendum contre l'assommoir fiscal»

POLITIQUE L'ancien premier ministre réagissait sur TF1 à la victoire du candidat frontiste à Brignoles...

avec AFP

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François Fillon, en déplacement à Epinal, le 3 octobre 2013.
François Fillon, en déplacement à Epinal, le 3 octobre 2013. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

L'ancien premier ministre, François Fillon  a affirmé lundi sur TF1 qu'il voulait faire des municipales de mars prochain «un référendum contre l'assommoir fiscal».

François Fillon a également estimé que le résultat de l'élection cantonale partielle à Brignoles (Var), remportée par le Front national, réflétait «une situation de ras-le-bol sans précédent». Les Français sont assommés d'impôts (...) C'est le signe d'une crise politique profonde».

«Les Français sont assommés par les impôts, ils ont le sentiment que le chômage ne baissera jamais, l'insécurité est un vrai sujet, et c'est le moment que le garde des Sceaux choisit pour proposer des textes qui vont dans le sens d'une moins grande sévérité», a-t-il affirmé. «Ca fait des mois que je tire le signal d'alarme, en disant que les impôts sont un noeud coulant qui est en train d'étrangler l'économie française et la classe moyenne. Personne ne veut entendre, le gouvernement ne bouge pas», a-t-il dit.

«Le Front national n'est pas un parti»

Selon lui, «le gouvernement continue inlassablement à augmenter les impôts et il provoque ce sentiment de rejet -pas seulement à Brignoles- qui est extrêmement puissant (...) Puisque le gouvernement ne veut rien entendre, la seule façon d'exiger l'arrêt de l'augmentation des impôts, c'est de faire des élections municipales un référendum».

Au journaliste qui lui faisait remarquer qu'il avait lui-même dit aux électeurs qu'ils pouvaient voter FN (lorsqu'il a dit qu'entre un candidat PS et un candidat FN au second tout d'une élection, il fallait choisir «le moins sectaire»), François Fillon a affirmait qu'il s'agissait là d'une «traduction, une interprétation».

«Ce que j'ai dit, c'est que le Front national n'est pas un parti. C'est le front du refus, le front des oubliés qui expriment une colère et une violence, sans le début du commencement d'un programme. Mais en même tremps, on ne peut pas exclure, jeter l'anathème, mépriser des milliers et des milliers d'électeurs qui choisissent de voter pour le Front national», a-t-il dit. Au contraire, «il faut leur parler» et leur proposer un vrai projet de redressement national qui soit basé sur le progrès et sur le fait qu'on remette la République à l'endroit (...) Tous les les gens qui me connaissent savent que jamais je ne proposerais une alliance avec le Front national".

«Le signe d'une crise politique profonde»

«On est dans une crise nationale de longue durée. On n'est jamais sorti dans notre histoire d'une crise comme celle-là sans un rassemblement très large des Français. Face à des responsables politiques qui parfois se voilent la face sur la réalité de la montée du Front national, j'ai simplement eu raison», a-t-il assuré.

Au Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui a mis en cause la «responsabilité très importante des dirigeants de l'UMP» dans la victoire du FN à Brignoles, François Fillon a affirmé que c'était «ce comportement-là qui pousse les Français vers le Front national et les extrémismes». Le canton de Brignoles était «massivement à gauche! Ca veut dire que les électeurs de gauche, des électeurs de Jean-Marc Ayrault sont allés voter pour le Front national. C'est ça la réalité», s'est-il exclamé, reconnaissant que des «électeurs de droite, aussi», avaient voté FN.

A ses yeux, «ce qui vient de se passer (à Brignoles), même si c'est un petit canton, c'est quand même le signe d'une crise politique profonde».

Enfin, il a dit que vis à vis de Nicolas Sarkozy, ce n'était «pas la guerre froide». «Les Français attendent» aujourd'hui «qu'on leur propose une nouvelle politique (...) Si on est bloqué sur ce passé, alors, ils pourront avoir des raisons d'aller vers le Front national. Les relations entre moi et Nicolas Sarkozy pendant cinq ans, c'est un sujet pour les historiens, ce n'est pas un sujet pour construire un projet politique», a-t-il dit.