Marisol Touraine: «L'accompagnement du vieillissement est un défi pour l'avenir »

Propos recueillis par Matthieu Goar

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Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, à Paris, le 14 octobre 2013.
Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, à Paris, le 14 octobre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Automne chargé pour Marisol Touraine. Alors que les députés votent, mardi, la réforme des retraites avant de s’attaquer à l’examen de Loi de financement de la Sécurité sociale, la ministre des Affaires sociales et de la Santé présente à 20 Minutes les pistes de réflexion de la future loi sur l’autonomie.

Pourquoi attendre l’automne 2014 pour mettre en place cette Loi d'orientation sur l'autonomie des personnes âgées?

Parce qu’il faut le temps de la concertation. Nous devons être à la hauteur de l’enjeu, c’est un défi pour nos sociétés. Ce texte ne sera d’ailleurs pas une loi sur la dépendance mais une loi sur l’adaptation de la société au vieillissement de la population. Pendant les mois à venir, il faut travailler sur les trois volets: la prévention de la perte d'autonomie, l’adaptation avec l’aménagement des logements ou des transports et enfin l’accompagnement des personnes qui perdent leur autonomie.

Faut-il privilégier le maintien à domicile des personnes âgées ?

Les  personnes âgées ont envie de rester chez elles. Pour cela, il faut aménager les logements, soutenir les aidants, favoriser l’aide à domicile. Bref, répondre à l’attente des Français, notamment en réfléchissant à des pistes de revalorisation de l’APA dans certains cas. L’accompagnement du vieillissement est un défi pour l’avenir du système de santé. Un défi social mais aussi financier. Nous en sommes parfaitement conscients.

Mais cette solution est parfois très dure à vivre pour les familles…

Trop de conjoints s’usent à aider. . Il faut les accompagner, créer des structures de répit où ils pourront parler, être conseillés et aussi trouver  des solutions de remplacement. Dans la loi sur les retraites, il est d’ailleurs prévu une amélioration de la retraite des personnes qui ont dû arrêter leur activité pour s’occuper d’une personne dépendante.

Comment expliquez-vous que la réforme des retraites n’ait pas été plus contestée?

La concertation avec les partenaires sociaux et le dialogue avec les parlementaires ont porté leurs fruits. Et puis les Français savent qu’il y a des efforts à faire. Cette loi permet de préserver les équilibres sociaux et financiers dans la durée. Et surtout, il n’est pas juste que tout le monde soit soumis aux mêmes règles alors que les vies professionnelles ont été différentes. L’avancée fondamentale est la mise en place d’un compte pénibilité. C’est un progrès social dans la lignée des grands progrès que la gauche a apportés  à notre pays.

Pourtant le FN continue à monter, comme à Brignoles ce week-end ?

Brignoles est un cas particulier. Ce n’est pas une terre de gauche. Le FN y est puissant depuis longtemps. Mais il y a une banalisation préoccupante du FN que l’on ne peut pas prendre à la légère. Il faut apporter des réponses démocratiques en votant toujours pour le candidat qui se retrouve face au FN, des réponses politiques en poursuivant de façon opiniâtre nos réformes économiques et enfin des réponses sociales pour protéger nos concitoyens qui se sentent vulnérables.