Primaires PS à Marseille: Marie-Arlette Carlotti, la défaite amère de la favorite

M.P.

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La candidate socialiste Marie Arlette Carlotti vote lors du premier tour des primaires citoyennes du parti socialiste dans un bureau à Marseille, le 13 octobre 2013.
La candidate socialiste Marie Arlette Carlotti vote lors du premier tour des primaires citoyennes du parti socialiste dans un bureau à Marseille, le 13 octobre 2013. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

L’un de ses thèmes de campagne était «la nouvelle gouvernance». Elle souhaitait incarner la rupture avec des pratiques d’une fédération dont elle dénonçait «les dérives». Et dimanche, au soir de sa défaite à la primaire marseillaise, elle a renouvelé ces critiques, dénonçant «le clientélisme» de la sénatrice PS Samira Ghali, qui est arrivée en tête de l’élection (25,25%). «Personne n'avait vu jusqu'à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, un tel sentiment d'impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, des échanges d'argent, toute une organisation que j'ai envie de qualifier de paramilitaire», a-t-elle notamment lâché pleine d’amertume, rappelant à certains militants les pires heures du congrès de Reims. Des critiques très fortes, que cette hollandaise de longue date a atténués après un coup de fil de Jean-Marc Ayrault.

C’est que la ministre déléguée aux personnes handicapées est tombée de haut. Favorite des sondages, elle pensait pouvoir renouveler le paysage politique marseillais marqué par les affaires. Après sa nomination au gouvernement, elle avait arraché, à la surprise générale, le siège de la 5ème circonscription de Marseille, celui de Renaud Muselier, un fief ancré à droite depuis des décennies où tout le monde la donnait perdante.

Ennemie de Jean-Noël Guérini

C’est notamment cette victoire qui avait assis ses ambitions sur la mairie de Marseille, détenue par l’UMP Jean-Claude Gaudin depuis 1995. Toutefois, Marie-Arlette Carlotti n’est pas non plus une novice à Marseille, où avant d’être l’ennemie de Jean-Noël Guérini, le puissant patron du conseil général des Bouches-du-Rhône cerné par les affaires et exclu du PS, elle en a été la porte-parole lors de sa campagne municipales en 2007. Députée européenne (1996-2009), conseillère générale (1998-2012) et régionale (2010-2013), Marie-Arlette Carlotti milite depuis une quarantaine d’années dans la cité phocéenne.

Mais face à cinq candidats, la ministre s’est heurtée à plusieurs handicaps: d’abord, une absence sur le terrain notamment la semaine - activités gouvernementales obligent - qui contrastait par rapport aux réseaux et à la présence tout terrain et médiatique de la sénatrice PS Samira Ghali, le baron local Patrick Menucci et le président de la communauté urbaine Eugène Caselli.

La ministre avait beau, parfois, choisir des déplacements ministériels à Marseille, provoquant les critiques de ses concurrents et même de l’UMP, cela n’a pas suffi. D’autant que contrairement à juin 2012 quand elle a gagné sa législative, l’étiquette gouvernementale n’est plus un avantage vis-à-vis des électeurs, quand bien même ils sont sympathisants PS. C’est même devenu un poids. Et sa guerre contre Jean-Noël Guérini, qui garde un poids certain dans les réseaux socialistes marseillais malgré son exclusion, n’a pu que l'handicaper.