Victoire du FN à Brignoles: La campagne et le scrutin passés à la loupe

CANTONALES Après l'annonce de la victoire de Laurent Lopez dans le canton de Brignoles, dans le Var, «20 Minutes» vous donne quelques clés d'analyse...

Matthieu Goar

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Capitale du centre Var, la ville de Brignoles était concernée par la demande de permis.
Capitale du centre Var, la ville de Brignoles était concernée par la demande de permis. — p.magnien / 20 minutes

Le Front national a donc remporté l’élection cantonale partielle du canton de Brignoles. Une réussite pour le parti de Marine Le Pen, qui double le nombre de ses conseillers généraux frontistes, qui passe de un à deux grâce à la victoire de Laurent Lopez ( 100% , se moquent les ironiques). Cerise sur l’élection pour le FN: il occupe l’espace médiatique depuis près d’une semaine.

>> Les résultats bruts de ce second tour par ici

Et en ce lundi matin, tout le monde y va de sa petite analyse. Selon Marine Le Pen, la victoire de son candidat signe «la mort du front républicain». Au soir du premier tour, le PS avait en effet appelé à voter pour la candidate UMP pour bloquer le FN. Peine perdue.

Du côté des deux autres partis, on se rejette la faute tout en reconnaissant une part de responsabilité. «Mais nous devons, nous la gauche, tirer les leçons. Nous devons nous aussi être présents au second tour [ce qui ne les avait pas empêchés de perdre en 2011]. Notre appel au vote républicain a joué mais pas suffisamment», a déclaré le porte-parole du PS, David Assouline, tout en relativisant et en évoquant un canton «classiquement Front national», puisque le FN avait déjà gagné la cantonale de 2011. François Fillon a lui évoqué des «électeurs qui ne se sentent pas engagés par les consignes de vote de leurs partis, démontrant ainsi l’échec de la stratégie dite de «front républicain».

Les chiffres de l’élection

Qu’en est-il réellement des chiffres de cette élection si particulière puisque les électeurs ont voté 10 fois depuis 2011 (cantonale de 2011 annulée, présidentielle, législatives et cantonale à nouveau annulée en 2012, puis cantonale en 2013). Signe peut-être d’un ras-le-bol, la participation politique s’amoindrit sur cette terre électorale. Lors des cantonales, l’abstention est passée de 34,08% en 2004 à 58,12% en 2012 (2004 : 34,08%, 2011 : 51,74%, 2012 : 58,12%).

En 2013, l’abstention a été forte au premier tour (67%) avant de fortement baisser au second tour (54,74%). Une abstention d’ailleurs en baisse par rapport au second tour de 2012, ce qui montre que les électeurs se sont plus mobilisés avec un candidat FN au second tout mais moins qu’en 2011 où le candidat FN avait déjà gagné.

Voici un graphique de la participation en 2013:

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Le second tour

Sur le scrutin du second tour lui-même, le candidat UMP et le candidat FN ont logiquement tous les deux gagné des voix par rapport au premier tour. Le candidat UMP est passé de 1.397 à 4.301 voix mobilisées sur son nom (une hausse de 207,9%) alors que le candidat frontiste a réussi à convaincre 2.718 votants au premier tour contre  5.031 au second ( 85,1%). L’UMP a donc plus réussi à mobiliser. Cela pourrait s’expliquer par la mobilisation d’électeurs de gauche qui ont voulu contrer le FN. Mais en l’absence de données plus détaillées, il est impossible de l’affirmer.

Infographics

 
En 2011, lorsque le candidat de gauche avait affronté le candidat FN au second tour, il était passé de 2.636 voix à 4.402 au second tour, le candidat frontiste de 2.757 à 4.407. Qu’il profite de l’abstention, de l’adhésion ou de la faiblesse des partis républicains, ce qui est sûr également, c’est que le FN ne cesse de progresser: