Primaires PS à Marseille: Samia Ghali crée la surprise

POLITIQUE La sénatrice est arrivée en tête avec 25,25% des voix, devant le député Patrick Menucci (20,65%) et la ministre Marie-Arlette Carlotti (19,52%)...

avec AFP

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Samia Ghali fête sa victoire au premier tour de la primaire PS à Marseille le 13 octobre 2013.
Samia Ghali fête sa victoire au premier tour de la primaire PS à Marseille le 13 octobre 2013. — BORIS HORVAT / AFP

«Merci d'y avoir cru», a lancé dimanche Samia Ghali, maire des quartiers Nord, à ses soutiens.«Je veux être la maire de Marseille, je veux tuer le désespoir de cette ville.»

 

La  sénatrice socialiste a créé la surprise dimanche en recueillant 5.151 suffrages au premier tour de la primaire socialiste en vue des municpales à Marseilles (25, 25% des voix). Elle arrive ainsi en tête, devant le député Patrick Mennucci, maire des 1er et 7e arrondissements (centre) qui a obtenu 4.212. voix (20,65%).

«Des dizaines de minibus»

Arrivée seulement en troisième position avec 3.982 voix(19,52%), alors qu'on l'annonçait gagnante, Marie-Arlette Carlotti, hostile depuis le début à ces primaires, a vivement dénoncé «un fonctionnement à plein régime du clientélisme». «Personne n'avait vu jusqu'à présent ce système fonctionner avec une telle puissance, un tel sentiment d'impunité, à la vue de tous, avec des dizaines de minibus qui sillonnent la ville, des échanges d'argent, toute une organisation que j'ai envie de qualifier de paramilitaire», a-t-elle lancé.

S'interrogeant sur un «contournement possible des règles de financement» de la campagne, la ministre a demandé à la haute autorité des primaires (HAP) de «recueillir dans les 24 heures les comptes de campagne des candidats». Un dépassement ne peut en aucun cas entraîner l'annulation le scrutin, a toutefois indiqué l'autorité.

Forte mobilisation

Dans cette consultation, l'une des cinq organisées en France par le PS, six candidats s'affrontaient pour gagner l'investiture socialiste et tenter de ravir la mairie en mars 2014 à Jean-Claude Gaudin (UMP), probable candidat à sa succession.

Au total, quelque 20.734 électeurs, sympathisants de gauche, ont participé à ce vote, une mobilisation «forte» saluée par le PS. Les 55 bureaux de vote, répartis en 15 lieux, ont fermé à 20h, soit une heure plus tard que prévu, en raison de l'affluence élevée et de problèmes d'émargement, retardant l'annonce des résultats officiels, toujours pas connus à 23h.

L'organisation, placée sous l'égide de la Haute autorité des primaires (HAP), s'est voulue exemplaire, mais l'ambiance était électrique tout au long de la journée entre les candidats, dans une fédération minée par les affaires et les rivalités et placée sous tutelle en mars.

Des covoiturages «moralement condamnables»

Dès la mi-journée, certains avaient dénoncé l'organisation de covoiturages ou de transports collectifs, notamment par Samia Ghali, élue des quartiers nord. «Il y a eu du covoiturage et je l'assume», s'est défendue l'intéressée sur i-Télé.

«C'est moralement condamnable, mais pas juridiquement, sauf à prouver qu'il s'agit d'un achat de voix», a souligné René Stefanini, secrétaire général de la HAP. De source proche de l'organisation, on rappelait que cette pratique «n'enfreignait pas le code électoral». Les procès-verbaux, notamment celui dans lequel un échange d'argent a été consigné, seront examinés dès dimanche soir, selon René Stefanini, relevant cependant que les déclarations d'un délégué d'un candidat ne sont «pas parole d'évangile».

D'autres candidats ont brandi la menace d'un recours après avoir constaté des problèmes dans les listes d'émargement. Ainsi, un bureau du XVe arrondissement a connu «des discordances de dates de naissance». Au «bénéfice du doute», les personnes concernées «n'ont pas voté», soit quelques dizaines d'électeurs.

700 électeurs oubliés

La liste comportait plus de 5.000 erreurs, «en raison d'un dysfonctionnement lié à l'imprimeur parisien», a précisé René Stefanini. «Nous avons rapatrié la bonne liste et les électeurs ont pu revenir voter à partir de 16H00», a-t-il ajouté. L'équipe de Samia Ghali, maire du secteur, a dit envisager un recours à ce sujet.

Par ailleurs, dans le XIIIe arrondissement, au moins 700 électeurs ont été oubliés, selon l'autorité. Christophe Masse envisage par conséquent de contester le scrutin.

Un problème sur un bureau de vote ou sur un financement de campagne «n'invalide pas un scrutin», même si «ça peut localement et légitimement provoquer des tensions», a cependant souligné le secrétaire national aux Fédérations Alain Fontanel.