Municipales: primaires socialistes à Marseille

POLITIQUE Ils sont six candidats à s'affronter au premier tour...

avec AFP

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La candidate socialiste Marie Arlette Carlotti vote lors du premier tour des primaires citoyennes du parti socialiste dans un bureau à Marseille, le 13 octobre 2013.
La candidate socialiste Marie Arlette Carlotti vote lors du premier tour des primaires citoyennes du parti socialiste dans un bureau à Marseille, le 13 octobre 2013. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Ils sont six candidats à s'affronter à Marseille, au premier tour d'une des cinq primaires socialistes organisées dimanche en France en vue des municipales. Un scrutin placé sous haute surveillance dans une fédération mise sous tutelle, avec une grande inconnue: la participation. A Marseille, les sympathisants de gauche sont appelés aux urnes. Sur les tables, six bulletins pour six ténors locaux: la ministre déléguée aux Handicapés Marie-Arlette Carlotti, les députés Patrick Mennucci et Henri Jibrayel, la sénatrice Samia Ghali, le président de la communauté urbaine Eugène Caselli, et le conseiller général Christophe Masse.

L'organisation, placée sous l'égide d'une Haute autorité des primaires (HAP), s'est voulue exemplaire, garante de «la transparence» et de «l'égalité de traitement». Dans les dernières heures, l'ambiance s'est toutefois faite fébrile dans une fédération longtemps déchirée par des affaires et des rivalités internes. Face à des craintes de bourrage d'urnes, l'autorité a mis en garde contre l'utilisation massive de bulletins téléchargeables et toute «pression susceptible d'altérer la sincérité du scrutin et donc d'entraîner son annulation».

Les 55 bureaux répartis dans 15 lieux ont tous ouverts dimanche matin vers 9h, mais «quelques retards», ont été constatés en raison du «retard de certains assesseurs» et de quelques soucis «d'acheminement et de dépouillement de kits» électoraux, a indiqué à l'AFP le président de la haute autorité des primaires (HAP) Jean-Pierre Mignard. Tous les bureaux de vote étaient ouverts vers 9h45, a-t-il cependant indiqué, soulignant que ces problèmes «seront tous inscrits sur les procès verbaux».

Guérini dans l'ombre

La favorite Marie-Arlette Carlotti a appelé à une forte mobilisation pour «mettre en échec les systèmes clientélistes et conservatistes» qui tenteraient d'«influencer le résultat de l'élection». Dans la ligne de mire, encore et toujours, le président du conseil général Jean-Noël Guérini. Dernier socialiste à avoir affronté le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin en 2008, il a vu ses espoirs de briguer la mairie s'envoler avec sa série de mises en examen. Absent de la campagne, l'ancien homme fort du PS local n'a pourtant cessé d'occuper les débats, invoqué comme un repoussoir par ses anciens amis qui n'ont eu de cesse d'afficher leur volonté de rompre avec le «clientélisme». Vendredi, M. Guérini s'est invité dans la campagne en convoquant une conférence de presse. «Je n'irai pas voter» et «n'ai jamais passé de consigne de vote», a-t-il assuré.

«Il a l'importance qu'on veut bien lui donner. Son influence existe, mais pas de là à affecter le scrutin si on a suffisamment de votants», a estimé Christophe Borgel, secrétaire national chargé des élections, joint par l'AFP.

Pas de photo de famille

Le nombre de votants, c'est précisément le motif d'inquiétude. «Je serais surpris si on est en-dessous de 15.000 votants», note le responsable socialiste, jugeant que ce sera un «succès» si la barre des 20.000 est franchie (sur 470.000 électeurs inscrits), à comparer aux 27.000 des primaires présidentielles. Pour attirer les Marseillais aux urnes, les candidats ont occupé le terrain jusqu'au bout, au terme d'une campagne plutôt consensuelle, avec peu de différences de programme. Mme Carlotti a fait une «nuit blanche», de la caserne des marins-pompiers aux urgences de l'hôpital, M. Mennucci a tenu un meeting, sonnant la mobilisation contre le FN après le choc de la cantonale de Brignoles (Var), Samia Ghali a enchaîné les visites de quartiers. C'est le trio qui se détache dans les sondages, Eugène Caselli, désireux de casser son image consensuelle, semblant avoir perdu du terrain après des prises de position controversées. Ce dimanche soir, Solférino aurait aimé voir les six candidats réunis sur une photo de famille au siège de la fédération, mais seul Patrick Mennucci a annoncé sa venue.

D'autres primaires ailleurs

Dans le département, Aix-en-Provence vote aussi dimanche, avec six candidats en lice, dont aucun n'a de grande notoriété, pour affronter la maire UMP sortante Maryse Joissains. Ailleurs, la primaire de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), solidement ancrée à droite depuis 1971, doit départager trois candidats, l'ancien conseiller municipal Pierre Gaborit partant favori. Au Havre (Seine-Maritime), trois prétendants se présentent, dont aucun ne paraît en mesure de déloger le maire UMP Edouard Philippe. Enfin, à Béziers (Hérault), le scrutin a une saveur particulière en raison de la présence d'un Vert, Guilhem Johannin. Il aura face à lui trois socialistes, dont Jean-Michel Du Plaa, souvent présenté comme favori, vice-président du conseil général.