Présidentielle 2017: François Fillon déclare la guerre à Nicolas Sarkozy

Matthieu Goar

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François Fillon à Rouez-en-Champagne, le 28 août 2013.
François Fillon à Rouez-en-Champagne, le 28 août 2013. — WITT/SIPA

Il a été son «collaborateur» pendant cinq ans. Aujourd’hui, il veut exister seul. Et il le fait savoir. Selon Valeurs actuelles, qui l'a interviewé, François Fillon aurait déclaré: «Aujourd’hui, je crois que je suis mieux placé que Nicolas Sarkozy pour l’emporter en 2017. Si je ne le pensais pas, je ne serais pas candidat». 

Toutefois, le porte-parole de l'ancien Premier ministre, Jérôme Chartier, a affirmé à l'AFP que c'était inexact. Répondant au journaliste de l'hebdomadaire qui lui demandait «est-ce que vous pensez aujourd'hui (...) que vous êtes le mieux placé pour faire gagner la droite en 2017? J'imagine que vous ne seriez pas candidat si vous ne l'étiez pas?», Fillon a dit: «bien sûr, je ne le serais pas», selon Jérôme Chartier. Toujours d'après lui, François Fillon a ajouté: «En même temps, je ne suis pas prétentieux, je sais que tout cela est difficile, j'imagine bien qu'il puisse y avoir d'autres candidatures, mais il semble que pour le moment, je ne voie pas d'autres candidatures qui portent à la fois une rupture appuyée sur une expérience solide du gouvernement et du parlement».

Histoire de montrer que l’ancien Premier ministre est très lucide sur sa stratégie, l’hebdomadaire de droite explique que Fillon a de lui-même sollicité les journalistes pour s’expliquer. «Ce n’est pas dans une aimable "compétition" avec Sarkozy, comme il l’a confié au Journal du dimanche, mais bel et bien dans un affrontement fratricide, d’une extrême virulence, que s’est lancé l’ex-Premier ministre», écrivent les journalistes de Valeurs actuelles.

«Impossible de dire que l’on a fait une bonne campagne»

L’ancien Premier ministre confie avoir «pensé à l’Élysée ». Ce qui, ajoute-t-il, «est naturel». «Beaucoup, confie-t-il encore, m’ont poussé à me présenter en 2012 quand Sarkozy était au plus bas dans les sondages.» Mais sa décision d’être candidat à la prochaine présidentielle remonte, selon lui, au 6 mai 2012: «J’ai décidé de me présenter le soir de la défaite de Sarkozy», affirme Fillon qui se montre sévère sur la campagne de l’ancien chef de l’Etat: «Quand on perd une élection, dit-il, il est impossible de dire qu’on a fait une bonne campagne.»

Le soir du 6 mai, Fillon veut se lancer. «On ne peut pas les laisser comme ça», aurait-il déclaré, selon son bras droit Jérôme Chartier, à propos des militants encore présents à la Mutualité, une fois Sarkozy parti. «On a commencé à évoquer la présidence de l’UMP avec en ligne de mire la présidence de la République.» Avec peut-être, un certain Sarkozy sur sa route.