Elysée: Accueil houleux de François Hollande à Roanne (Loire)

POLITIQUE ALors que la montée du FN inquiète...

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LAURENT CIPRIANI / POOL / AFP

Le président de la République ne vaut pas laisser le terrain au FN. Au surlendemain de la spectaculaire percée du Front national à Brignoles (Var), François Hollande a affirmé mardi, lors d'une visite dans la Loire, sa volonté de répondre au «climat de pessimisme, et quelquefois de colère et de frustration», en intensifiant la lutte pour l'emploi.

Symbole d'une situation toujours dégradée sur le front de l'emploi, cette visite présidentielle à Roanne et Saint-Etienne consacrée à la lutte contre le chômage, est intervenue le jour même où l'équipementier télécoms Alcatel-Lucent annonçait la suppression de 10.000 postes dans le monde, dont 900 en France.

Selon un journaliste présent sur place, le président a d'ailleurs été accueilli par des syndicalistes à son arrivée à Roanne et l'accueil républicain s'est fait à l'intérieur de la mairie:

L'entourage du président de la République a assuré que «le gouvernement était mobilisé pour que les plans sociaux qui vont sortir de cette annonce soient les plus acceptables». Le gouvernement sera «particulièrement vigilant et exigeant» sur la mise en oeuvre du plan, a promis de son côté le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

«Une reprise qui s%u2019annonce»

Lors de sa visite, le président de la République a plus généralement réaffirmé sa volonté d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, notant qu'il y a «en ce moment une reprise qui s'annonce», «un mouvement dans l'économie que nous devons accompagner, porter, stimuler».

«Ce n'est pas un chiffre sur un mois qui comptera, c'est la succession des baisses du nombre de chômeurs», a-t-il relativisé à l'issue d'une visite d'entreprise à Roanne, mais «si la courbe s'inverse, ça signifiera que nous sommes dans un chemin qui permet de retrouver confiance et espoir».

Après l'erreur sur la baisse du nombre de demandeurs d'emplois au mois d'août, il a promis au passage de veiller à «ce que l'appareil statistique ne soit pas déformé».

«Finalement le sujet aujourd'hui c'est : est-ce qu'on va réussir ou ne pas réussir?», a martelé M. Hollande. Selon lui, pour «le pays», la question qui se pose c'est «est-ce qu'on va être capable de nous sortir de la crise ou est-ce qu'on va s'enfoncer toujours dans ce climat de pessimisme, et quelquefois de colère et de frustration»

Trop de postes non-pourvus

Mardi dans la Loire, il a fait un point d'étape des formations prioritaires pour l'emploi, un dispositif destiné à former des candidats aux très nombreux postes non pourvus en France.

Le chef de l'Etat a annoncé que ces formations atteindraient le nombre de 40.000 avant la fin de l'année, soit 10.000 de plus par rapport à ce qu'il avait annoncé en juin lors de la deuxième grande conférence pour l'emploi. L'objectif est d'atteindre 100.000 formations de ce type en 2014, soit à peu près l'équivalent du nombre d'emplois non pourvus en France, selon Hollande

A côté des sombres annonces de grands groupes, comme Alcatel, «il ne faut pas oublier d'autres entreprises, comme les abattoirs bretons Gad», touchés par 900 licenciements. «C'est aussi très dur» pour ces salariés qui «ne sont pas protégés par des plans sociaux. Il y a des gens qui dégustent et on ne parle jamais d'eux ce sont des anonymes», a-t-on fait valoir dans l'entourage de Hollande.

Et le président lui-même a souligné que «le rôle de la République c'est de donner un nom à ces anonymes».

«Donner envie que le pays avance»

Quant à l'échec cuisant de la gauche et la percée du FN dimanche à Brignoles (Var), Hollande a estimé que la responsabilité des politiques n'est pas de «lancer des SOS», de «quémander» des votes mais de «donner envie que le pays avance», en obtenant des résultats sur le front économique.