Présidentielle 2017: François Fillon veut casser son image «lisse» et attaque Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Trois ans et demi avant la présidentielle, l’ex-Premier ministre poursuit sa stratégie du changement d’image...

Enora Ollivier
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François Fillon, en déplacement à Epinal, le 3 octobre 2013.
François Fillon, en déplacement à Epinal, le 3 octobre 2013. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

François Fillon prévient, dans les colonnes du JDD: «Je vais casser un peu de vaisselle». En se disant «en conflit» et « de facto en compétition» avec Nicolas Sarkozy, l’ex-Premier ministre poursuit son émancipation. Et soigne sa nouvelle communication, à trois ans et demi de la présidentielle de 2017. 

«C’est un homme extrêmement loyal. Or quand on est Premier ministre encore plus que quand on est ministre, on ferme sa gueule ou on démissionne», commente Jean Leonetti, député UMP des Alpes-Maritimes, qui juge François Fillon désormais plus libre de s’exprimer.

«On ne va pas attendre une parole providentielle»

L’élu filloniste assure que le candidat malheureux à la présidence de l’UMP n’est pas «dans une position de confrontation» avec Nicolas Sarkozy mais qu’il «trace sa route»  en vue de la primaire qui doit désigner le candidat pour 2017. «On ne va pas attendre une parole providentielle», poursuit Jean Leonetti, «si Nicolas Sarkozy était un simple militant UMP -ce qu’il n’est pas pour des raisons légitimes- il serait le premier à penser qu’il faut présenter un projet nouveau».

«Nouveau» et «en rupture»: Voilà comment se présente François Fillon, qui veut casser l’image de «collaborateur» que lui avait attribué Nicolas Sarkozy. «Tout le monde m’a reproché une image lisse (…) Eh bien l’image ne colle pas à la réalité», assure-t-il désormais.  

«Il a raison de changer», estime Gérald Darmanin, député UMP du Nord, parce que «lui comme Jean-François Copé ont beaucoup pâti», en terme d’image, de la guerre pour la présidence du parti l’hiver dernier. Mais, ajoute le jeune élu du Nord, soutien de Xavier Bertrand, «cela montre aussi une certaine nervosité, puisqu’il voit que ce n’est pas si évident d’être désigné».

Une cote d’avenir de 33%

La question, poursuit-il, «c’est de savoir s’il va tenir pendant deux ans». Ses déclarations dans le JDD «poussent Nicolas Sarkozy à la primaire», pense Gérald Darmanin qui croit à l’émergence d’un «tro isième homme» lors de la désignation du candidat à la présidentielle. 

Entre ses prises de distance avec l’ancien président, ses critiques de la diplomatie française dans le dossier syrien et son amitié affichée avec Vladimir Poutine, François Fillon montre depuis quelques semaines un visage jusque là peu connu. Au risque de se prendre les pieds dans le tapis quand il met en cause le front républicain en conseillant de voter, en cas de duel PS/FN aux municipales, «pour le moins sectaire». S’il reconnait dans le JDD une «maladresse», il affirme aussi ne plus vouloir de «consignes». «Je suis libre», clame-t-il. 

Reste que la stratégie n’est pour l’instant pas vraiment payante. Selon un sondage TNS/Sofrès pour Le Figaro Magazine paru jeudi, seuls 33% des Français voient François Fillon jouer «un rôle important au cours des mois et années à venir» (-5 par rapport au moins précédent). Soit deux points de moins... que Nicolas Sarkozy, dont la cote reste stable.