Lampedusa: Ayrault et Copé montent au front

SECURITE A l’inverse, le Parti communiste a dénoncé «des politiques sécuritaires et égoïstes» de l'Union européenne...

M.B. avec AFP
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Jean-François Copé lors de son discours à Chateaurenard, le 25 août 2013.
Jean-François Copé lors de son discours à Chateaurenard, le 25 août 2013. — BORIS HORVAT / AFP

A la suite du naufrage près de l'île de Lampedusa (Sud de l'Italie) qui aurait causé la mort d'au jeudi moins 300 migrants, la plupart érythréens, Jean-Marc Ayrault a estimé samedi à Metz que les pays européens devaient «vite» se réunir pour évoquer la gestion des frontières maritimes après le dramatique naufrage d'une embarcation de clandestins à Lampedusa

Selon le chef du gouvernement, «c'est un drame terrible, qui ne peut que soulever notre compassion, notre solidarité mais au-delà des mots, je crois qu'il est important que l'Europe se préoccupe de cette situation particulièrement dramatique».

Hommage des pêcheurs

Ce samedi matin, des pêcheurs de Lampedusa ont rendu un hommage sur le lieu où git l'épave par 40 mètres de fond à 550 mètres de l'îlot inhabité des Lapins. Une pétition lancé par l’hebdomadaire l’Espresso propose de décerner le prix Nobel de la Paix à Lampedusa. Cette petite île sicilienne de 6.000 âmes devenue ces dernières années le principal port d'entrée des migrants africains vit de la pêche et du tourisme.

Le bateau de pêche qui voyageait clandestinement de Libye vers Lampedusa a chaviré puis coulé jeudi vers 4/5H00 du matin après avoir subi une avarie et que des passagers eurent mis le feu à une couverture pour signaler leur présence. Sur les 450 à 500 migrants, seuls 155 ont été sauvés, ce qui laisse craindre un lourd bilan d'environ 300 morts d’autant que les recherches ont été suspendues en raison du mauvais temps.

Jean-François Copé de son côté a affirmé samedi qu'après cette «tragédie épouvantable» «réformer Schengen» était «une priorité absolue». Ces migrants sont «pris en main par des filières mafieuses» et partent «dans des bateaux de fortune dont on n'assume même pas le départ du continent africain, pour arriver à quelques km des côtes italiennes, sur lesquelles il n'y a aucun contrôle», a-t-il dénoncé le président de l’UMP.

«Exclure les pays qui ne contrôlent pas les frontières extérieures de l'Europe»

Alors, «quand j'entends la réaction du Parti socialiste dire que cette catastrophe est arrivée parce que l'Europe est une forteresse, les bras m'en tombent!», s'est-il exclamé, faisant allusion à un communiqué du PS, publié vendredi, dans lequel le parti majoritaire affirme que l'Union européenne «doit s'interroger sur la gestion de ses frontières maritimes qui la transforment parfois en forteresse».

«Nous devons sanctionner et même exclure les pays qui ne contrôlent pas les frontières extérieures de l'Europe, en dépit de leurs engagements. Certains pays, comme la Grèce, ne se sentent pas concernés parce qu'ils savent que les gens qui arrivent en Grèce n'y resteront pas». Le président du principal parti de l'opposition soutient qu' on doit mettre en place un vrai corps de garde-frontières européens», et que pour se faire entendre par le reste de l'Europe, si c'était «la seule solution», alors il fallait «menacer de la chaise vide au Conseil européen».

A l’inverse, le Parti communiste a dénoncé «des politiques sécuritaires et égoïstes» de l'Union européenne.  «Combien faudra-t-il de morts pour qu'ils s'aperçoivent que les murs, les barrières, pour empêcher l'immigration sont à la fois inhumains, coûteux et inefficaces ? Combien de morts encore faudra-t-il encore pour que l'on prenne conscience que l'avenir est à la coopération, et non à la concurrence ?», poursuit le PCF.