Marine Le Pen veut contester l'étiquette extrême droite du FN devant la justice

POLITIQUE Le député socialiste Jean-Christophe Cambadélis appelle à «dresser un mur citoyen»...

20 Minutes avec AFP
— 
Marine Le Pen lors de son discours à l'université d'été du FN le 15 septembre 2013 à Marseille. 
Marine Le Pen lors de son discours à l'université d'été du FN le 15 septembre 2013 à Marseille.  — BERTRAND LANGLOIS / AFP

Marine  Le Pen a  indiqué mercredi qu'elle contesterait, y compris en justice,   l'étiquette d'extrême droite apposée au FN dans le but, assure-t-elle,   de l'affubler d'une image «bien crade».

«Nous ne sommes absolument pas un parti de droite, ceux qui  le  pensent font une erreur d'analyse totale», a assuré l'eurodéputée   devant des journalistes et analystes d'opinion réunis à l'Express.

«Je m'élève encore plus contre la formulation d'extrême  droite»,  a-t-elle poursuivi en évoquant de futures poursuites  judiciaires, à  l'image de celles qu'avaient, a-t-elle relevé,  intentées  son père et  fondateur du FN en 1997.

«Ni à droite ni à gauche»

«Dans le même sac, on met Breivik (le massacreur extrémiste  de  droite norvégien, NDLR), Aube dorée (le mouvement néo nazi grec) on   secoue bien et on se dit qu'il y aura une bonne image bien crade» du   Front national, a-t-elle accusé.

Or son mouvement, a plaidé Marine Le Pen, «respecte  l'intégralité des  règles républicaines». C'est faire «preuve d'un grave  défaut  d'impartialité» que le ranger dans cette case. Elle compte s'appuyer sur des termes péjoratifs  («raciste»...)  attachés à l'extrême droite dans des enquêtes d'opinion  pour mener «des  actions en justice». Le ministère de l'Intérieur,  assure-t-elle, fait  le distinguo.

Les Français, a encore dit la dirigeante frontiste,   «particulièrement à droite, expriment une lassitude sur la manière dont   on combat le Front national, et notamment l'axe de diabolisation».

«Nous ne sommes pas encore traités comme un parti comme les  autres»,  a-t-elle déploré, ce qu'est pourtant le FN, selon elle, même  s'il  n'est «ni à droite ni à gauche» et «a des idées radicalement   différentes du PS et de l'UMP».

Cambadélis veut proclamer partout qu'ils sont «d'extrême droite».

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a appelé à «dresser un mur citoyen» contre Marine Le Pen et le FN qu'elle préside, demandant de proclamer partout qu'ils sont «d'extrême droite». Dans un communiqué, l'élu de Paris s'insurge : Marine  Le Pen se propose «de remettre en cause la liberté d'expression si on  dit que son parti est d'extrême droite. Et elle poursuivra en justice  quiconque l'affirmera».

«Chiche ! J'appelle tous les parlementaires, tous les  démocrates à mettre sur leur blog ou site, statut Facebook, sur Twitter,  poster partout le Front National, Marine  Le Pen est d'extrême droite. Dresser un mur citoyen ! Elle ne passera  pas !», poursuit le secrétaire national du PS à l'international. «J'appelle à cet acte simple de résistance. Et qu'elle ose nous faire un procès !», ajoute-t-il..