VIDEO. Roms: La dispute entre Valls et Duflot fracture le gouvernement

POLITIQUE Cécile Duflot a notamment accusé Manuel Valls d'aller «au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain»...

E.O. avec AFP

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Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et Cécile Duflot, le 14 mai 2013 à Matignon.
Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et Cécile Duflot, le 14 mai 2013 à Matignon. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Les mots sont forts et mettent à mal la cohérence gouvernementale. Les mots, ce sont d’abord ceux de Manuel Valls, qui a déclaré mardi que seule «une minorité de Roms» veulent s’intégrer en France. Ce sont ensuite ceux de Cécile Duflot, qui a vertement critiqué la sortie du ministre de l’Intérieur en l’accusant jeudi d’être allé «au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain».

«Quand tous nous avons dit que le discours de Grenoble» de 2010 de Nicolas Sarkozy réclamant de démanteler les campements illégaux de Roms «est un scandale absolu, nous ne pouvons pas tenter de, ou envisager, ou laisser penser que nous pourrons utiliser les mêmes méthodes», a lancé la ministre du Logement, qui assistait aux journées parlementaires de son parti Europe Ecologie-Les Verts à Angers. Cécile Duflot en a appelé à François Hollande, qui a selon elle la «responsabilité»  de «réparer des blessures douloureuses».

Valls défend son action «d’homme de gauche»

Le chef de l’Etat, en déplacement en Lorraine, s'est refusé à tout commentaire. C’est le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui s’est chargé de répondre à la querelle entre les deux ministres en renvoyant à «la circulaire interministérielle signée par les ministres» en août 2012 et relative aux Roms.

Le ministre de l’Intérieur a quant à lui répété que son action était «celle d'un homme de gauche». Il a répliqué à sa collègue que «gouverner, c'est regarder lucidement la société, c'est lui apporter des réponses en fonction de nos valeurs républicaines, de nos engagements». «Je ne me laisse dévier par aucune querelle», a-t-il dit.

Copé demande à Hollande de «trancher le différend»

Reste que la déclaration de Cécile Duflot va à l'encontre des règles édictées par le président Hollande selon lesquelles les ministres n'étalent pas publiquement leurs divisions. Les autres membres du gouvernement n’ont d’ailleurs pas commenté les propos de la ministre du Logement, mais Arnaud Montebourg avait déjà critiqué mardi la sortie de Manuel Valls, estimant que ses propos devaient être «corrigés». Cécile Duflot «est dans son rôle quand elle est devant son parti et ses parlementaires», a simplement réagi Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale. «Elle est ministre, mais une ministre qui représente une certaine sensibilité. Nous sommes une majorité de gouvernement, il ne peut y avoir d'alignement». 

De son côté, Jean-François Copé a «solennellement demandé à François Hollande de trancher immédiatement le différend qui oppose ses deux ministres et de définir clairement sa ligne politique». «Que cesse cette mascarade entre Cécile Duflot et Manuel Valls sur la question des Roms», a-t-il ajouté auprès de l’AFP.