Jean-Marc Ayrault livre la feuille de route «verte» du gouvernement ce samedi

POLITIQUE Le Premier ministre doit intervenir ce samedi après-midi à 15h...

avec AFP

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Après le cap fixé par François Hollande vendredi pour rendre la France moins énergivore, son Premier ministre Jean-Marc Ayrault a désigné samedi les deux principales sources de financement: la taxe carbone et une contribution inattendue du nucléaire.
Après le cap fixé par François Hollande vendredi pour rendre la France moins énergivore, son Premier ministre Jean-Marc Ayrault a désigné samedi les deux principales sources de financement: la taxe carbone et une contribution inattendue du nucléaire. — Thomas Samson AFP

Jean-Marc Ayrault doit livrer ce samedi après-midi la nouvelle feuille de route «verte» du gouvernement en clôture de la deuxième conférence environnementale, au lendemain d'annonces de François Hollande sur l'énergie qui ont plutôt rassuré ses alliés écologistes.

A cinq jours de la présentation du budget 2014, le Premier ministre sera très attendu sur la question de la fiscalité écologique. Mais aussi sur les thèmes débattus vendredi et samedi lors de tables rondes thématiques, comme la qualité de l'eau, l'éducation à l'environnement ou l'économie circulaire.

Un discours attendu

Vendredi, en ouverture, le président François Hollande s'est principalement positionné sur les enjeux énergétiques: division par deux des consommations d’énergie à l'horizon 2050, baisse de 30% de la consommation de pétrole et de gaz d'ici à 2030 et allègement de la TVA sur la rénovation thermique.

Des annonces applaudies par les écologistes, à commencer par le secrétaire national d'EELV Pascal Durand qui avait exprimé l'impatience des Verts.

«Mais finalement, on a eu plus un discours sur la transition énergétique que sur la transition écologique. Il faut maintenant qu'Ayrault nous dise quelle est la position du gouvernement sur les autres questions», relève le sénateur EELV Ronan Dantec.

Des précisions sur la taxe carbone

Le Premier ministre doit intervenir à 15h, à l'issue des cinq tables rondes au menu de cette deuxième conférence environnementale: économie circulaire (recyclage, éco-conception, allongement de la durée de vie des produits pour préserver les ressources), emploi, eau, biodiversité marine et éducation.

Du côté des entreprises, on attend surtout des «précisions sur les annonces de vendredi, notamment sur la fiscalité», indique à l'AFP Gilles Vermot-Desroches, membre du bureau développement durable du Medef.

Le Premier ministre pourrait apporter des précisions sur la taxe carbone, voulue «juste, efficace» par François Hollande pour «préserver» le pouvoir d'achat des ménages, mais aussi «juridiquement incontestable».

«Problème de méthode»

Hors fiscalité, Jean-Marc Ayrault pourrait annoncer des mesures pour favoriser l'éco-conception des produits. D'autres participants espèrent de nouveaux objectifs en matière de protection des captages d'eau, des financements pour la future Agence nationale de la biodiversité ou encore une meilleure prise en compte de l'environnement dans l'élaboration des programmes scolaires.

A la reprise des tables rondes, samedi matin, «peu de mesures concrètes» émergeaient toutefois des discussions, selon plusieurs participants.

«On a un vrai problème de méthode», affirme le président de France Nature Environnement (FNE), Bruno Genty. «Dans la table ronde sur l'économie circulaire, on est 100, chacun chante son couplet mais il n'y a aucune négociation possible».

«Consensus mou»

«Il y a un vrai risque de consensus mou», prévient le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, Matthieu Orphelin, regrettant l'absence de propositions dans les documents mis sur la table des discussions.

«Quand on a connu le Grenelle, on reste un peu dubitatif», constate aussi une habituée du dialogue environnental, l'eurodéputée EELV Sandrine Bélier.

Le Grenelle de l'environnement, organisé en 2007 par le gouvernement Fillon, «avait été une formidable chose, un événement considérable», reconnaît le ministre de l'Ecologie Philippe Martin.

Mais, assure-t-il, «l'avantage de la conférence environnementale est le fait qu'elle soit un rendez vous régulier, que la France prenne le pli tous les ans de réunir tous les acteurs de l'écologie pour vérifier ce que nous avons fait et tracer de nouvelles perspectives ou prendre de nouvelles décisions».