Cumul des mandats: «Je ne suis ni héritier, ni apparatchik, ni énarque», se défend Manuel Valls au Sénat

POLITIQUE Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a dû se justifier devant un Sénat hostile à la loi interdisant sur le cumul des mandats...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le 17 septembre 2013 à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, le 17 septembre 2013 à Paris. — E. FEFERBERG/AFP PHOTO

Face-à-face glacial entre Manuel Valls et les sénateurs. Ce mercredi après-midi, le ministre de l’Intérieur s’est justifié, sans pincettes, face à Sénat largement hostile à son projet de loi organique sur l’interdiction du cumul des mandats. Ce texte interdit de cumuler plusieurs fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur. Il a adopté le 9 juillet par l’Assemblée nationale, qui aura le dernier mot...même le Sénat le rejette. En effet, tant la droite qu'une partie de la gauche, rassemblée dans le groupe RDSE, s'oppose à ce texte. 

A la tribune, Manuel Valls a tout d’abord ironisé sur «la spécificité française du cumul, devenu une singularité», estimant que «le travail parlementaire implique investissement, rigueur, connaissance des enjeux».

«Illusion dangereuse et néfaste»

Huées sur les bancs la Haute assemblée, quand le ministre estime que l’«on cumulait moins sous la IIIe et la IVe République», et que «cette réforme est attendue par nos concitoyens».

Aux sénateurs qui souhaiterait un traitement différencié de leurs collègues députés, et ainsi avoir la possibilité de cumuler les fonctions, Manuel Valls juge cette proposition d’«illusion dangereuse et néfaste».

«Arrêter les caricatures»

«Le gouvernement est totalement déterminé à garder l’équilibre du texte» a-t-il ensuite lancé, expliquant que tout «affaiblissement» par le Sénat serait vain. «Vous feriez erreur (…) car ce texte sera adopté par l’Assemblée nationale», a-t-il appuyé à la tribune, dans une ambiance tendue. Face aux huées, dont certaines émanaient des bancs des sénateurs de gauche, il a lancé: «je ne suis ni héritier, ni apparatchik, ni énarque», avant d’être applaudi timidement par quelques sénateurs.

Le rapporteur PS de ce projet de loi organique Simon Sutour, intervenu à la tribune après le ministre, a estimé qu’«il faut arrêter les caricatures», regrettant que certains de ses collègues «ne l’écoute pas».