Ambiance «je t’aime moi non plus» chez les centristes

POLITIQUE L'UDI de Jean-Louis Borloo tient son université de rentrée alors que le chef de file du MoDem François Bayrou multiplie les signes de rapprochement...

Anne-Laëtitia Béraud
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Jean-François Copé, président de l'UMP, François Bayrou, président du Modem, et Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, le 7 juin 2013 à Paris.
Jean-François Copé, président de l'UMP, François Bayrou, président du Modem, et Jean-Louis Borloo, président de l'UDI, le 7 juin 2013 à Paris. — C. PLATIAU/AFP PHOTO/ POOL

Des mots doux devraient s’échanger ce week-end, alors que l’Union des démocrates et indépendants (UDI), la galaxie centriste de Jean-Louis Borloo, tient son université de rentrée au Futuroscope (Vienne).

En effet, depuis la fin août, pas un jour ou presque ne passe sans que Jean-Louis Borloo ou François Bayrou, le président du Mouvement démocrate (MoDem), ne s’échangent des signes de rapprochement. Après des années de luttes intestines, de trahisons et d’échecs électoraux, les deux formations centristes veulent se donner un nouvel élan. L’enjeu des élections municipales et européennes du printemps 2014 n’y est évidement pas étranger.

«Ne pas s’enfermer dans une compétition des centres»

Mais rien n’est simple au centre, et surtout, personne ne veut être mis de côté dans la construction de cette nouvelle alliance politique. Devant quelques journalistes, Hervé Morin, président du Nouveau centre, un parti qui compte au sein de l’UDI, avertit que «rien ne se fera sans [lui]». «Un rassemblement, ce n’est pas une fin en soi», affirme de son côté Jean-Christophe Lagarde, secrétaire général de l’UDI, qui reconnaît que «tant que nous nous enfermons dans une compétition des centres (…), il est difficile de faire entendre d’autres messages.»

>> Lire l’interview de Jean-Christophe Lagarde par ici

Cependant, les discussions, qui pourraient déboucher sur un document de synthèse fin octobre et un «partenariat» des formations centristes ne font pas que des heureux. La «clarification politique» demandée au MoDem, c’est-à-dire renier ses soutiens à certaines socialistes locaux, fait grincer des dents.

Ainsi, Jean-Luc Bennahmias, vice-président classé à gauche du MoDem, affirme-t-il dans le Nouvel Observateur que «l'UDI doit renoncer à son alliance privilégiée et exclusive avec l'UMP». Et à l’UDI, certains restent sceptiques quant au positionnement politique ou à la loyauté des élus MoDem pour les municipales. «Comment expliquer aux électeurs que l’on se met avec François Bayrou, qui a tout de même trahi le centre?» grince un élu UDI. La lune de miel centriste n’est donc pas prévue pour cet automne.