Cybersécurité: Matignon interdit les smartphones aux ministres

SECURITE Le but est de protéger les «informations sensibles»...

avec AFP

— 

Une photo prise avec un smartphone, dans la foule.
Une photo prise avec un smartphone, dans la foule. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Les services de Jean-Marc Ayrault ont demandé mi-août aux ministères de «proscrire» les smartphones pour transmettre les «informations sensibles» suite «à la survenance ces derniers mois de plusieurs atteintes à la sécurité des systèmes d'information», selon une note publiée mardi par L'Express.

«La survenance ces derniers mois de plusieurs atteintes à la sécurité des systèmes d'information conduit à rappeler les règles élémentaires», est-il écrit dans cette note datée du 19 août, signée de Christophe Chantepy directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault et adressée aux directeurs de cabinet des ministères. Il est notamment spécifié que «l'utilisation de smartphones du commerce non agréés doit exclure la communication d'informations sensibles. Toute information sensible même non classifiée doit être échangée par les terminaux équipés de systèmes agréés par l'ANSSI» (agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, ndrl).

Des consignes «en vigueur depuis longtemps»

Ces «informations sensibles» doivent «dans la mesure du possible, être hébergées sur le territoire national». Le document rappelle aussi que la transmission des «informations classifiées», «relevant du secret de la défense nationale», «n'est autorisée qu'à l'aide de moyens dédiés» à savoir les téléphones sécurisés Teorem et l'intranet sécurisé Isis. La note souligne qu'«à l'étranger, il convient d'avoir à l'esprit que les communications téléphoniques ou par voie électroniques peuvent être écoutées, surtout dans les organismes internationaux, les aéroports, les hôtels, les restaurants et les cybercafés».

Ces consignes interviennent deux mois après les révélations basées sur des documents de l'ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, selon lesquelles la France, l'Italie et la Grèce figuraient parmi les 38 «cibles» surveillées par la NSA. «Ce sont des consignes de sécurité en vigueur depuis longtemps et qui sont répétées régulièrement», a déclaré Matignon mardi à l'AFP.