Délinquance: Valls dénonce la «tromperie» des statistiques du «Figaro»

SOCIETE Alors que le quotidien fait état ce mardi d'une hausse de la délinquance, des violences contre les personnes aux cambriolages, en citant un «nouveau tableau de bord de Manuel Valls», le ministre de l'Intérieur a immédiatement contesté la validité de ces statistiques...

avec AFP

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Manuel Valls en déplacement à Paris le 2 août 2013.
Manuel Valls en déplacement à Paris le 2 août 2013. — B. LANGLOIS /AFP

Des statistiques «hypersensibles». Selon le quotidien Le Figaro, qui dit s’être procuré le «baromètre Valls», ce «nouvel outil d'analyse» du ministère révèle une hausse, d'août 2012, peu après l'arrivée de la gauche au pouvoir, à juillet 2013, des atteintes à l'intégrité physique (+2,9%) et aux biens (+3,5%). Les violences sexuelles (+10,4%) et les cambriolages (+9,3%) explosent particulièrement, d'après ces «nouveaux indicateurs d'activité des forces de l'ordre» cités par le journal.

De la même manière, les infractions économiques et financières grimpent de 5,9%, affirme Le Figaro. La «grande criminalité», qui comprend les règlements de comptes, les attentats à l'explosif contre des biens privés ou encore les vols à main armée contre des commerces, monte de 5,2%, ajoute le journal.

«Publication sélective, tronquée et biaisée»

«Une nouvelle fois, les éléments rapportés par Le Figaro dans son édition de ce jour méconnaissent les avertissements et les règles méthodologiques rappelées par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP)», proteste le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié tôt mardi matin.

Selon lui, il est «désormais établi que les pratiques de ‘nettoyage statistique’ qui avaient cours jusqu'en 2012 sont de nature à fausser fortement la base de comparaison".

«On ne peut que regretter la publication sélective, tronquée et biaisée d'éléments statistiques, qui ne rend pas service au débat public relatif aux questions de sécurité», insiste la place Beauvau.

Depuis l'arrivée de Manuel Valls à l'Intérieur, ces échanges sont récurrents. Le ministre a plusieurs fois contesté les chiffres publiés par Le Figaro, assurant vouloir réformer l'outil statistique.

«Tromperie inadmissible»

D'autres points sont contestés par le ministère. Selon le quotidien, les constats sur douze mois des infractions aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers baissent de 56,8% sur douze mois, passant de 79.445 à 34.267 en juillet. Dans ses colonnes, l'ex-ministre UMP de l'Intérieur Brice Hortefeux juge que «c'est le signe que la France a ouvert les vannes de l'immigration».

Le ministère assure que cela découle en partie d'une décision de la Cour de cassation de juillet 2012, et que dire le contraire, comme Le Figaro, «relève d'une tromperie inadmissible».

Parallèlement, selon les chiffres publiés par le journal, un nouvel «indicateur d'efficacité» révèle un «taux de réussite» de 17,7% contre 18% douze mois plus tôt, avec une baisse de la plupart des taux d'élucidation: homicides (de 89% à 77%), vols à main armée (37% à 36%) ou encore cambriolages (12% à 11%). Le taux d'élucidation remonte toutefois pour les coups et blessures volontaires (de 76,2% à 76,7%) et les violences sexuelles (76% à 78%).

«Contresens complet»

Enfin, Le Figaro écrit que les «missions opérationnelles» de la gendarmerie ont chuté de 10,2% et celles de la police en tenue de 2,2%: «au total, les forces de l'ordre ont collectivement diminué leur présence de 2,5 millions d'heures sur le terrain en un an», selon le journal.

Là aussi, le ministère dénonce un «contresens complet» et met en cause la «diminution des effectifs» voulue par l'ancienne majorité de droite. «Ce n'est qu'à l'issue de leur formation d'un an, à partir du 1er décembre prochain, que l'arrêt de l'hémorragie des effectifs et le recrutement de plus de 2.000 policiers en 2013 produira ses effets opérationnels», assure-t-il.

Jean-François Copé, président de l'UMP, a rrebondi sur la polémique des chiffres de la délinquance en accusant mardi les socialistes de faire «remonter la délinquance en arbitrant pour la ligne Taubira» sur i>TELE.

«C'est quelque chose que l'on constate hélas dans tous les registres: sur les biens, sur les personnes, avec les cambriolages, sur les personnes avec les violences qui se multiplient et le tout dans un contexte d'impunité lié au fait que François Hollande a clairement arbitré pour la ligne Taubira», a déclaré le maire de Meaux, en allusion aux réformes pénales de la garde des Sceaux, accusée par la droite de «laxisme».