Manifestations contre la réforme des retraites: Un test limité pour le gouvernement

POLITIQUE Si les Français sont majoritairement hostiles à la réforme, les manifestations ne devraient pas être monstres...

Anne-Laëtitia Béraud

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Manifestation des retraités contre le système de revalorisation des retraites complémentaires, à Paris le 28 mars 2013.
Manifestation des retraités contre le système de revalorisation des retraites complémentaires, à Paris le 28 mars 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un appel à la grève et à manifester est lancé ce mardi dans toute la France, pour s’élever contre la réforme des retraites voulue par l’exécutif. Quatre syndicats -CGT, FO, FSU, Solidaires- rejoints par le Parti communiste, le Parti de gauche et le Nouveau parti anticapitaliste, appellent les salariés à «ne pas laisser les propositions du Medef faire la loi». Ils sont appuyés par des syndicats de fonctionnaires, de retraités et des organisations de jeunesse, pour qui l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans à partir de 2035 constitue une mesure «anti-jeunes».

Si 56% des Français déclarent soutenir la mobilisation de ce mardi, selon un sondage Harris Interactive pour LCP-Assemblée nationale, le risque est limité de voir le pavé s’enflammer et des manifestations monstres envahir les rues des grandes villes.

Pas de blocages sur le texte

Le texte, qui passera devant le conseil des ministres le 18 septembre, a en effet été volontairement allégé des volets sensibles que sont la désindexation des pensions et le report de l'âge légal de la retraite, qui avaient fait descendre les Français en masse en septembre 2010, lors de la réforme présentée par Eric Woerth (UMP), alors ministre du Travail.

Si la CGT, par la voix de son secrétaire général Thierry Lepaon, critique durement le texte, elle n’appelle pas à son retrait. La confédération souhaite ainsi «améliorer le projet lors des débats parlementaires» qui interviendront à partir du 7 octobre.

Un texte «anti-jeunes»

L'unité syndicale est par ailleurs rompue, les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC ne participant pas au mouvement de ce mardi. La CFDT justifie son absence par «les mesures de justice» obtenues du gouvernement sur la prise en compte de la pénibilité du travail, avec de nouveaux droits sur des départs anticipés ou progressifs à la retraite, voire des reconversions. Quant au gouvernement, il tente l’apaisement, reconnaissant la «légitimité» du mouvement, a souligné le ministre du Travail, Michel Sapin.

Le dossier reste néanmoins brûlant pour l’ensemble des Français. Selon le sondage Harris Interactive, près de deux Français sur trois estiment que le système de retraites par répartition n’existera plus d’ici une quarantaine d’années.

La SNCF et la RATP annoncent un trafic à peu près normal ce mardi. Sept trains sur dix sont prévus en moyenne aux heures de pointe pour le trafic transilien. Quelques retards sont prévus à l’aéroport d’Orly.