Politique: L'union des centres n'est pas encore au rendez-vous

POLITIQUE La politique de la main tendue entre les leaders du centre Borloo et Bayrou est confrontée à certaines limites...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le député du Nord, Jean-Louis Borloo.
Le député du Nord, Jean-Louis Borloo. — M.LIBERT/20MINUTES

Les chapelles centristes se réuniront-elles pour construire une même église? Si l’idée n’est pas à l’ordre du jour, les chefs de files centristes Jean-Louis Borloo, à la tête de la galaxie UDI, et François Bayrou, patron du MoDem, esquissent quelques pas en ce sens. L’échéance des élections européennes et municipales, au printemps 2014, n’y est pas étrangère. L’idée, aussi, de redonner du souffle à un MoDem dépeuplé et d’animer une UDI qui a choisi de partir sans l’UMP aux européennes, et dont l’arrière-ban commence à se lasser d’un Jean-Louis Borloo jugé trop souvent absent du débat politique.

Depuis la fin de l’été se succèdent ainsi déjeuners et déclarations publiques engageantes entre les deux chefs de file. Le président du Parti radical Jean-Louis Borloo, qui a réussi à fédérer une petite dizaine de formations au sein de l'UDI, évoque le 28 août: «Je pense que Bayrou est rentré dans l'opposition et si c'est le cas, on va forcément cheminer ensemble». Mercredi, le président du Mouvement démocrate répond: «Il faut un centre qui soit fort et, pour qu'il soit fort, il faut enfin qu'il accepte de s'unir», ajoutant qu’il se sent «insatisfait de la manière dont la France est gouvernée depuis 18 mois».

«Rien ne se fera sans moi», affirme Morin

Mais la réunion des formations n’est pas à l’ordre du jour. Dans la liste des épines à enlever de la chaussure centriste apparaît la ligne politique des formations: si la galaxie de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) s’est construite comme une alliée de l'UMP, le président du MoDem François Bayrou, qui avait provoqué l’hémorragie centriste en créant ce parti en 2007 –de nombreux députés rejoignant alors l’UMP-, a appelé à voter pour François Hollande au deuxième tour de présidentielle 2012. Une ligne politique qui hérisse certains à l’UDI, convaincus que François Bayrou ne revient vers «la grande famille» de la droite centriste que pour la trahir au moindre changement de situation.

Comme toujours, les ego et les ambitions personnelles centristes affleurent. A propos de l’hypothèse d’une réunion Borloo-Bayrou, «rien ne se fera sans moi», avertit l’ancien ministre Hervé Morin, président du Nouveau Centre, dont la formation pèse au sein de l’UDI. Et de glisser au passage qu’il «parle plus à Bayrou que ne le fait Borloo», alors que les deux hommes ont été durablement brouillés en 2007.

Déceptions à l’UDI

L’ancien ministre estime néanmoins qu’«il y a un modèle, une perspective à construire» dans le rapprochement des formations centristes. Il en parlera à ses fidèles à l’occasion de sa «fête de la pomme», qu’il organise samedi dans l’Eure, avant d’évoquer le bilan de l’UDI «qui a des marges de progrès». Au menu de cette fête politique, Hervé Morin lancera également un inventaire du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qualifié d’«inventaire sans fard, pas à demi-mot, car c’est utile et nécessaire».

Enfin, pour regarder vers le futur, il argumentera sur la remise en cause de l’élection du président de la République au suffrage universel, avant d’évoquer la perspective de l’élection présidentielle de 2017.