Syrie: Harlem Désir provoque la colère de l'UMP en dénonçant un «esprit munichois» dans l'opposition

POLITIQUE L'UMP demande à Hollande de condamner les propos «ignobles» du premier secrétaire du PS...

avec AFP

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Harlem Désir à Paris le 6 juin 2013.
Harlem Désir à Paris le 6 juin 2013. — SERRES FABIEN DE/SIPA

Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé dimanche sur Radio J un «esprit munichois» chez des dirigeants de l'opposition qui émettent des réserves au sujet d'une action militaire de la France en Syrie, provoquant la colère de l'UMP.

«Je ne voudrais pas que les mêmes qui recevaient M. (Bachar) al-Assad un 14 juillet montrent aujourd'hui un esprit munichois face à ces atrocités», a lancé Harlem Désir en allusion à une visite controversée en France du président syrien au début du quinquennat Sarkozy en 2008.

Selon le dirigeant socialiste, «aujourd'hui c'est le rôle de la France d'aider à trouver une solution en Syrie et de faire cesser ce massacre pour éviter un nouveau Sarajevo, un nouveau Rwanda». «Je vois un certain nombre de revirements (dans l'opposition)», a dénoncé Harlem Désir.

 Propos «tout à fait indignes et scandaleux»

Il a notamment fait référence sans le citer nommément au président de l'UMP Jean-François Copé, qui mercredi «reconnaissait» que le discours de François Hollande sur la Syrie était satisfaisant «sur le fond comme sur la forme et qui ensuite, pour des raisons tactiques, dit tout à coup qu'il ne faudrait rien faire» (samedi).

«On ne peut pas accepter l'utilisation d'armes chimiques contre des populations civiles», a fait valoir Harlem. Désir, pour qui «il y a aujourd'hui une obligation de la communauté internationale de réagir et de faire cesser ce massacre».

Immédiatement, Christian Jacob a demandé à François Hollande de condamner les propos «ignobles» du premer secrétaire du PS. «Si ces propos ne sont pas retirés, ils créent les conditions d'un débat parlementaire extrêmement tendu et difficile», a-t-il ajouté, à trois jours de la session extraordinaire du Parlement consacrée à la Syrie.

Plusieurs responsables de l'opposition, UMP ou UDI, ont comme Christian Jacob très vite réagi aux propos de Harlem Désir, les jugeant «indignes» et demandant des excuses. Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a ainsi jugé sur Europe 1 «tout à fait indignes et scandaleux» les propos de Harlem Désir et appelé à la «dignité et au respect».

«Je demande à Harlem Désir de les retirer immédiatement et de s'excuser et au président de la République et au Premier ministre de les condamner», a ajouté Jean-Louis Borloo.

Manuel Valls, interrogé un peu plus tôt sur Europe 1 pour savoir s'il voyait chez ces critiques «un esprit défaitiste, un peu un esprit munichois», avait répondu: «Je n'utiliserai jamais ce type de mots et ces références».