Syrie, peines planchers, port du voile, croissance: La rentrée politique de François Hollande

W. M. avec AFP

— 

François Hollande à l'Elysée le 29 août 2013.
François Hollande à l'Elysée le 29 août 2013. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Dans une interview au Monde, réalisée jeudi à l’Elysée mais parue ce vendredi sur le site internet du quotidien, François Hollande est revenu sur un certain nombre de sujets.

La Syrie

Pour le chef de l’Etat, «la France veut une action proportionnée et ferme contre le régime de Damas». Il ajoute que le non des Britanniques à la participation de leur pays à une telle opération ne change pas la position de Paris. Il aura ce vendredi «un échange approfondi avec Barack Obama». S'il exclut toute intervention avant le départ de Syrie des inspecteurs onusiens, il ne l'exclut pas avant que le Parlement ne se réunisse ce mercredi, expliquant disposer «d'un faisceau d'indices qui vont dans le sens de la responsabilité du régime de Damas» dans l'utilisation d'armes chimiques.

Impôts

François Hollande juge que «le temps est venu» de faire une «pause fiscale», notamment grâce à «l'engagement de substantielles économies». Le chef de l'Etat «gage» par ailleurs que «nous pourrons revoir légèrement à la hausse la prévision de croissance pour 2014» dans le cadre du projet de budget présenté fin septembre.

Voile à l’université

Il estime qu'il «est possible d'intervenir sans qu'il soit besoin de texte supplémentaire», à propos du port du voile à l'université. Le chef de l'Etat cite Montesquieu: «“Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires"», ajoutant qu'«aujourd'hui, dans les universités, il est possible d'intervenir sans qu'il soit besoin de texte supplémentaire».

Regroupement familial

«Il n'y a pas de raison de modifier le dispositif» actuel du regroupement familial, dit-il. Mais il juge «légitime» un débat sur l'avenir de la politique migratoire française. «Il n'y a pas de raison de modifier le dispositif. Mais qu'il y ait un débat sur l'avenir de notre politique migratoire dans le cadre d'une réflexion sur ce que doit être la France dans dix ans, c'est bien légitime», tranche le chef de l'Etat, alors que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls avait estimé que la question du regroupement familial pouvait «être posée».

Peines plancher

François Hollande confirme la création d'une nouvelle peine de «contrainte pénale permettant le contrôle du condamné sans incarcération». Le président confirme également la suppression dans la prochaine réforme pénale des «peines plancher», introduites en 2007, et sa volonté de mesures pour éviter les «sorties sèches» de prison «sans accompagnement, ni suivi, ni surveillance».

Croissance

Il juge possible une révision «légèrement à la hausse» de la prévision de croissance en 2014.