Retraites: Une réforme «de lâcheté» pour Woerth, «dans la lignée» de celle de Sarkozy pour le PCF

RÉACTIONS e plan annoncé par Jean-Marc Ayrault mardi soir fait l’unanimité contre lui...

E.O. avec AFP

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Le député UMP Eric Woerth, le 10 avril 2013, à Paris.
Le député UMP Eric Woerth, le 10 avril 2013, à Paris. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Une réforme «de lâcheté», «pour ne pas avoir d’ennuis avec les syndicats» et «éviter de mettre des gens dans la rue». Eric Woerth n’a pas mâché ses mots ce mercredi, au lendemain de la révélation du plan retraites du gouvernement.  

Sur iTélé, le député, père de la réforme des retraites de 2010, a déclaré, à propos du volet prolongement de la durée des cotisations: «Ca c'est la réforme Fillon» de 2003, que Jean-Marc Ayrault «a toujours contesté, il disait que c'est injuste», «il la vote avec dix ans de retard».

«On entérine la réforme Filllon-Sarkozy que nous avions combattue»

L’ancien ministre tombe sur ce point d’accord avec… Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, pour qui les choix du gouvernement s'inscrivent «dans la lignée» de «la réforme Fillon-Sarkozy» de 2010.

«En portant la durée de cotisation à 43 années» en 2035, «on entérine la réforme Filllon-Sarkozy que nous (la gauche, NDLR) avions combattue à l'époque, y compris Jean-Marc Ayrault lui-même à l'Assemblée nationale, et on la prolonge», a déclaré Pierre Laurent sur France 2. Or, «on sait qu'énormément de salariés (...) n'atteindront pas ces 43 années à 62 ans, donc beaucoup de gens ne pourront plus prendre une retraite à taux plein», a-t-il argumenté.

Jean-François Copé a lui jugé que les jeunes étaient «les premières victimes» de la réforme des retraites présentée la veille. «Je demande que François Hollande, jamais, ne vienne redire qu'il gouverne pour l'avenir des jeunes de France», a lancé le président de l’UMP sur Europe 1.

«La CGT n'a pas été entendue par le gouvernement»

 «Nous sommes dans une situation que tout le monde connait : en 1980, il y avait cinq actifs pour un retraité et aujourd'hui, il n'y a plus que 1,6 actif pour un retraité. Ca veut dire que nous n'avons plus les moyens de financer les retraites», a poursuivi le député-maire de Meaux. «La seule solution, c'est de travailler plus longtemps, ce qu'ont fait tous les pays». «Or la seule décision prise, c'est d'augmenter les taxes, les cotisations», «une mesure immédiate, de très court terme».

Dès mardi et l’annonce du plan, les réactions ont été vives de la part de la CGT, de FO et du Medef, qui ont rejeté la réforme. «La CGT n'a pas été entendue par le gouvernement», a déploré Eric Aubin, membre de la direction du syndicat, et spécialiste des retraites. «Nous avions fait des propositions de réforme de fond avec des mesures de court terme et de long terme mais le Premier ministre les a balayées d'un revers de main», a-t-il indiqué à l’AFP.

Une «réforme dangereuse» pour le Medef

De son côté, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a estimé sur Europe 1 que l'allongement de la durée de cotisation après 2020 «n'est pas un signe d'espoir pour les jeunes». «Personne ne peut garantir que cette réforme sera la der des ders, ce qui justifie qu'on appelle à mobiliser le 10 septembre», a-t-il ajouté, maintenant son ambition de manifester dans 15 jours.

Pierre Gattaz, le président du Medef, a quant à lui dénoncé dans une interview au Figaro «une réforme dangereuse qui n'est pas acceptable pour nous». «À vrai dire, c'est même une non-réforme: aucun problème structurel n'est résolu. Le gouvernement ne fait que taxer, taxer».

Seule la CFDT s’est réjouie de l’annonce, en saluant dans un communiqué les «mesures de justice» obtenues, citant notamment les métiers pénibles et les jeunes. La centrale «se félicite» en particulier «de la création d'un compte personnel pénibilité», «une évolution majeure de notre système de retraite», et de la mise en place «de mesures importantes en faveur des jeunes en apprentissage».