Réforme des retraites: Les réactions pleuvent après les annonces d'Ayrault

RETRAITES Le Premier ministre a présenté ce mardi la réforme des retraites, provoquant une avalanche de réactions...

A.D., avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon, lors de ses voeux à la presse, le 10 janvier 2013
Jean-Luc Mélenchon, lors de ses voeux à la presse, le 10 janvier 2013 — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

 Jean-Marc Ayrault a mis un terme au suspense concernant le dossier des retraites en dévoilant mardi sa réforme qui met à contribution actifs, entreprises et retraités, officialise un allongement de la durée de cotisation et crée un compte pour les métiers pénibles. Tout de suite après dans la soirée, les réactions aux annonces du Premier ministre ont commencé à tomber.

Le coprésident du Parti de gauche (PG), Jean-Luc Mélenchon, a estimé que la réforme des retraites constituera une «série de ponctions» au détriment des salariés. «Au-delà de tout, qu'est-ce qui va commencer tout de suite?  Une baisse des salaires, c'est ça qui commence (...) sur la feuille de  paie le salaire baisse», a affirmé l'ancien candidat à la présidentielle  au JT de France 2. «Quand vous prenez sur les salaires, ça réduit la  consommation. Quand vous réduisez la consommation, ça réduit l'activité,  donc ça réduit mécaniquement l'emploi», a dit Jean-Luc Mélenchon, qui a  aussi critiqué l'allongement de la durée de cotisation, qui sera portée  à 43 ans en 2035. «Nous allons avoir l'augmentation de cotisation, vous avez  entendu qu'il est question d'une taxe carbone qui va frapper  naturellement des gens qui ont des dépenses contraintes (...) et en  janvier vous allez avoir l'augmentation de la TVA. Vous ne trouvez pas  que ça fait beaucoup?», a demandé le leader du Front de gauche, qui  réunit le PG et le PCF.

La CFDT se félicite en revanche des «mesures de justice» mais restera «vigilante» à propos de leur concrétisation. «La CFDT obtient des  mesures de justice», affirme la centrale dans un communiqué citant  notamment les métiers pénibles et les jeunes. «La CFDT prend acte des  efforts partagés et mesurés qui sont demandés et restera vigilante sur  la concrétisation des mesures de justice annoncées», a-t-elle indiqué.

De son côté, le Medef a dénoncé «une non-réforme dangereuse» et «pas acceptable». Dans un communiqué, le PG Pierre Gattaz a déclaré que la réforme «fait  froid dans le dos» et que la «retraite à 60 ans est définitivement  enterrée». «C'est une réforme dangereuse qui n'est pas acceptable pour  nous. À vrai dire, c'est même une "non-réforme": aucun problème  structurel n'est résolu. Le gouvernement ne fait que taxer, taxer», a  déclaré Pierre Gattaz au Figaro à paraître mercredi.

Le PCF et l'UDI se sont également fendus d'un communiqué. Pour le PCF, «en entérinant  l'allongement de la durée de cotisation prévue par la réforme  Fillon-Sarkozy et en prolongeant cette augmentation à 43 ans d'ici 2035,  Jean-Marc Ayrault tourne le dos à l'attente des Français qui ont élu la  gauche et s'étaient mobilisés en 2010 contre la réforme de la droite.»

Pour Jean-Louis Borloo et l'UDI «les annonces du Premier Ministre sur les retraites  devaient répondre à la nécessité d'allonger d'une manière ou d'une  autre la durée de travail en fonction de l'allongement de la durée de  vie, comme le font les autres pays occidentaux, afin d'assurer le  financement des retraites.  Aujourd'hui, en Europe, seul le gouvernement français nie cette réalité  de bon sens puisque rien n'est prévu dans ce domaine d'ici 2020. Les  mesures annoncées aussi positives ou sympathiques qu'elles soient  augmenteront le besoin de financement des retraites: l'impasse de 7 milliards d'euros pour le régime général et de 20  milliards pour l'ensemble des régimes ne fait donc que s'aggraver.  Finalement, la seule réponse proposée aujourd'hui par le chef du  gouvernement est une hausse des cotisations pesant sur les salariés et  sur les entreprises.»