Manuel Valls: «Moi, je trouve que je n’en fais pas assez»

POLITIQUE Il ne veut par ailleurs «polémiquer avec personne»...

M.P.

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Manuel Valls en déplacement à Paris le 2 août 2013.
Manuel Valls en déplacement à Paris le 2 août 2013. — B. LANGLOIS /AFP

Sous le feu des critiques d’une partie de ses camarades de gauche et écologiste, Manuel Valls a tenté de calmer le jeu ce jeudi depuis Aurillac où il est en déplacement, le ministre de l’Intérieur a assuré ne vouloir «polémique avec personne» et «encore moins avec des membres de la majorité» après la charge contre lui d'Eva Joly, ex-candidate écologiste à la présidentielle.

«Nous traversons une crise», a ajouté le ministre, «le rôle des ministres est de ne pas polémiquer inutilement, encore moins avec des membres de la majorité». Ces polémiques sont «une perte de temps pour tous les Français», a-t-il asséné, ajoutant qu'«en matière de sécurité nous sommes sur la bonne voie, nous répondons à cette exigence si républicaine de sécurité».

«Moi, je»

Dans un entretien à Libération publié ce jeudi, Manuel Valls avait déjà tenté de faire baisser la température politique sur la forme, mais pas forcément sur le fond. Sur ses propos polémiques sur le regroupement familial, il a estimé qu’on lui a fait «un faux procès sur la base de propos déformés: je ne suis pas là pour poser des problèmes. Moi, je veux apporter des solutions». Il affirme par ailleurs qu’il «n’a jamais été question» de changer la loi du regroupement familial.

Sur les différents dossiers qui ont agité son été, prise de position sur le voile à la gendarmerie, opposition à la loi pénitentiaire de Christiane Taubira, il assure être dans la continuité de la politique de François Hollande. «Pardon de vous le dire, mais la politique que je mène est celle du président de la République et du Premier ministre». Le ministre de l’Intérieur s’abrite également sous sa popularité. «A l’évidence, je gêne à droite et je peux le comprendre, mais je comprends moins ceux qui, à gauche, mettent en cause mon action alors que celle-ci rencontre la confiance des militants, des sympathisants socialistes mais aussi de la majorité des Français», clame-t-il. «Moi, je n’ai qu’une seule ambition, c’est que la gauche réussisse», martèle-t-il. Quant à son activisme estival, qui a agacé au sein du gouvernement, Manuel Valls reste droit dans ses bottes: «Moi, je trouve que je n’en fais pas assez. (…) Moi, j’ai des convictions, du tempérament et je suis tourné totalement vers ma mission. Alors je préfère que l’on dise que j’en fais trop plutôt que pas assez». Ses adversaires sont prévenus.