Comment les ministres voient la France en 2025?

POLITIQUE Les membres du gouvernement livrent leur vision du pays dans douze ans, à l’occasion du séminaire de rentrée...

E.O.

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Le séminaire de rentrée du gouvernement, autour de François Hollande, sur le thème «la France de 2025». A l'Elysée, le 19 août 2013.
Le séminaire de rentrée du gouvernement, autour de François Hollande, sur le thème «la France de 2025». A l'Elysée, le 19 août 2013. — Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

La rentrée est studieuse pour le gouvernement. Les ministres au grand complet, après quinze jours de vacances -une seule pour Jean-Marc Ayrault- remettent leur copie ce lundi. François Hollande avait en effet demandé aux membres du gouvernement de réfléchir, par écrit, à ce que pourrait être la France de 2025. Le président anime toute la matinée un séminaire sur ce thème, qui sera conclu par le Premier ministre. Voilà une partie des contributions, révélées par Le Point.

>> Attaque-défense autour de la «France de 2025»

Economie

Selon les projections du ministère de l’Economie, la France devrait passer de la 5e à la 8e ou 9e place dans le classement des pays selon leur PIB. Elle devrait en effet se faire dépasser par ce qui est aujourd’hui des puissances «émergentes» comme le Brésil, et l’Inde. Pour autant, Pierre Moscovici et ses services jugent que le «plein-emploi»  est un «objectif réalisable» si le pays sait «faire des choix dynamiques» en «donnant la priorité à l’emploi des jeunes et des seniors». Bercy estime que le sursaut de la France sera possible grâce à «une solidarité renouvelée», un service public «modernisé», et une fiscalité rendue «plus juste». Enfin, le pays devrait avoir retrouvé sa «souveraineté» et sa «capacité d’initiative en Europe».

Police

En 2025, la police, d’après Manuel Valls, sera «3.0» -comprenez par là: «connectée». Les forces de l’ordre devront «réaliser le saut technologique qui s’impose à elles» en utilisant davantage des outils comme la biométrie ou l’intelligence artificielle. Des technologies qui permettront également, grâce au «développement d’outils sur Internet» de «renforcer le lien avec la population».

Immigration

La France «doit demeurer une terre d’accueil», dit en préambule le document rendu par le ministère de l’Intérieur. Dans le détail, c’est plutôt flou. La place Beauvau souhaite qu’en 2025, le pays soit «devenu une destination privilégiée» pour les étudiants étrangers. Le ministère envisage également «une nouvelle approche des règles migratoires» en vue du «choc démographique» à venir en Afrique, «premier continent des migrants en France». Enfin, la France devra «bâtir des dispositifs de reconnaissance du statut d’étranger malade ou de réfugié politique ou climatique». Quant à l’intégration, il faut penser à «un accueil de qualité» «comprenant une préparation à l’installation professionnelle, culturelle, sociale durable dans la société», le tout «conjugué à une action déterminée contre la ségrégation urbaine et les inégalités d’accès au logement».

Justice

Pour Christiane Taubira, en 2025, «les établissements pénitentiaires ne seront plus surpeuplés» grâce au «développement des peines alternatives». C’est là l’esprit de la réforme pénale engagée par la Garde des Sceaux, qui provoque des étincelles avec Manuel Valls. Les magistrats, eux, seront «recentrés sur leur office», tandis qu’une équipe de «techniciens de la procédure» est mise en place à leurs côtés. Un «maillage territorial repensé» et une «application généralisée des nouvelles technologies» permettra, selon la place Vendôme de «moderniser les services judiciaires». Le ministère de la Justice entend également «prendre en compte les victimes» en mettant en place «des permanences d’accueil (…) sur l’ensemble du territoire».

Logement

Cécile Duflot estime qu’en 2025, «chacun disposera d'un toit et d'un environnement de qualité». Car, «grâce aux lois adoptées entre 2012 et 2014», «les logements vacants seront devenus très rares», «les terrains publics délaissés inexistants», «six millions de logements auront été édifiés». D’où cette conclusion digne d’un conte de fées: «l'accès à ces logements pour chacun ne sera plus un facteur de stress et d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie».

Industrie

Arnaud Montebourg, avec l’emphase qu’on lui connaît, assure qu’en 2025, la France «a su retrouver sa place dans le concert des grandes nations industrielles», «a pris rang sur les marchés les marchés les plus dynamiques» et même, «y occupe une place de leader». Et cela grâce à l’action menée… «il y a plus d’une décennie»  en «concentrant les efforts sur les segments de croissance future»: transport (le ministre parle d’un véhicule «2l/100», qui sera «l’un des plus commercialisé en Europe»!), aéronautique, santé, agroalimentaire, numérique…