Bartolone et Montebourg ensemble à la Fête de la Rose

POLITIQUE Cette réunion marque le début de la rentrée politique...

avec AFP

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Claude Bartolone et Arnaud Montebourg, réunis à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, ont joué "l'unité" et le "rassemblement" derrière l'exécutif, écartant les critiques de Jean-Luc Mélenchon et défendant le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.
Claude Bartolone et Arnaud Montebourg, réunis à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse, ont joué "l'unité" et le "rassemblement" derrière l'exécutif, écartant les critiques de Jean-Luc Mélenchon et défendant le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. — Martin Bureau Pool

Claude Bartolone et Arnaud Montebourg, deux figures du PS, dont le franc-parler égratigne parfois l'exécutif, sonneront la rentrée des socialistes dimanche à la Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avec toutefois pour mot d'ordre, assurent-ils, «l'unité» derrière François Hollande.

Initiée en 1973 par Pierre Joxe, ce rendez-vous dans un village bourguignon de 600 âmes a été, ces quinze dernières années, celui de Arnaud Montebourg, lorsque le ministre était député de la circonscription.

La fête est le coup d'envoi de la grand-messe de La Rochelle, qui ouvrira le 23 août. L'invité vedette de cette 41e édition est le président de l'Assemblée nationale. Arnaud Montebourg, sur ses terres électorales, est bien sûr de la fête.

 

«Cette rentrée est capitale dans ce quinquennat», affirme le président de l'Assemblée nationale à l'AFP, avec «les dossiers importants que sont retraites, budget, projet de loi de financement de la sécurité sociale».

«Il va falloir réformer, sans étouffer ce début de croissance», insiste-t-il, qualifiant la progression de 0,5% du PIB au deuxième trimestre de «petite lumière dans la nuit de la crise».

La gauche est aussi attendue sur deux rendez-vous majeurs, les élections municipales et européennes de mars et mai 2014, ajoute-t-il, demandant que les socialistes puissent les affronter «rassemblés».

Quelle est la signification politique de son invitation à cette tribune, qui a vu défiler Ségolène Royal (2006), Manuel Valls (2007), Benoît Hamon (2009) ou encore Arnaud Montebourg (qui s'était auto-invité en 2011) ?

Un tandem qui inquiète au PS

«Faire connaître une personnalité qui fait l'unanimité à l'Assemblée», «un politique qui a pris des positions courageuses, tout en étant fidèle au gouvernement», répond la députée de la circonscription, Cécile Untermaier, devenue puissance invitante.

«Parce que c'est le président de l'Assemblée», ajoute Arnaud Montebourg, précisant que les prédécesseurs socialistes de Claude Bartolone (Raymond Forni, Laurent Fabius etc.) «ont tous été invités». Et «parce qu'il participe au débat public avec le gouvernement», ajoute-t-il.

Cécile Untermaier salue notamment sa «défense des députés après l'affaire Cahuzac» ou son ton «contre l'Europe libérale» de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne.

Le quatrième personnage de l'Etat a en effet multiplié les sorties politiques tout au long de l'année, remettant en cause en septembre l'objectif (repoussé depuis) de limiter le déficit public à 3% du PIB dès 2013, ou s'insurgeant au printemps contre «la démocratie paparazzi» du projet de loi initial du gouvernement sur la transparence de la vie politique.

Bière de la Rose et marinière

Celui à qui l'on prête parfois des ambitions pour Matignon - ce qu'il réfute - avait aussi réclamé une «confrontation avec l'Allemagne» pour infléchir la politique d'austérité, inflexion aussi réclamée par Arnaud Montebourg.

Ce ministre-phare a lui aussi, à plusieurs reprises, marqué sa différence avec le chef du gouvernement. Si bien que certains «hollandais» se sont inquiétés de ce tandem réuni dimanche. Des craintes qu'évacue l'entourage de Claude Bartolone en assurant qu'il délivrera «un message d'unité de la gauche et des socialistes derrière le président de la République». «Pas de place pour les aventures individuelles», ajoute-t-on, même si Clau Bartolone relève qu'«unité ne veut pas dire mutisme» et rappelle que «l'absence de débat nous a coûté en 2002».

«Unité et combativité seront les axes essentiels de mon discours», abonde Arnaud Montebourg, qui entend montrer qu'au sein de son ministère, «on a des résultats positifs».

La fédération PS de Saône-et-Loire a passé commande de marinières pour que les militants accueillent Arnaud Montebourg habillés du t-shirt marin aux rayures bleues avec lequel le ministre avait posé dans un magazine pour vanter le «made in France». Et une Bière de la Rose, cuvée spéciale de la brasserie Rouget de Lisle située à 10 km, sera proposée aux militants.