Plusieurs milliers de personnes à un rassemblement festif à Notre-Dame-des-Landes

ECOLOGIE Des groupes de musique se produisent sur le site du futur aéroport...

M. Go. avec AFP

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Un manifestant opposant à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes lors du rassemblement festif du 3 août 2013. 
Un manifestant opposant à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes lors du rassemblement festif du 3 août 2013.  — JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Peu de monde et une atmosphère bon enfant. Le rassemblement festif des opposants à Notre-Dame-des-Landes, prévu ce week-end de longue date, a commencé samedi après-midi, sur le site du projet d'aéroport, dans une atmosphère calme faute d'affluence massive.

>> Pourquoi les écologistes s'opposent à l'aéroport, un décryptage à lire ici

Sous un immense panneau proclamant «Un aéroport à NDDL, jamais!», un groupe de musique celtique, Timothée Le Net Quartet, a inauguré à 14H00 devant plusieurs centaines de personnes la scène installée en plein champ, à une vingtaine de km au nord de Nantes. Vers 17h00, un public plus dense commençait à affluer pour le programme musical prévu jusque tard dans la nuit.

Environ 4.000 personnes

Les organisateurs se refusaient à tout pronostic sur le nombre de visiteurs attendus jusqu'à dimanche soir au rassemblement, qui mélange concerts et conférences dans une ambiance de kermesse ensoleillée. Selon la préfecture, samedi vers 17H00, un survol du site par hélicoptère permettait d'estimer l'affluence «entre 3.500 et 4.000 personnes».

«On est au creux de l'été. Même si on n'a pas une affluence débordante, il faudra attendre demain soir pour faire les comptes», a déclaré à l'AFP Julien Durand, porte-parole de l'Acipa, l'association d'opposants historiques au projet d'aéroport qui organise l'événement.

De nombreux artistes ont prévu de participer au festival, dont Sanseverino et Tryo, attendus dimanche.

Début mai, les opposants étaient parvenus à mobiliser au moins 10.000 personnes pour une chaîne humaine sur le pourtour du site prévu pour l'aéroport, l'Acipa revendiquant 25.000 participants à cette manifestation. «Sur deux jours, j'espère qu'on va faire pareil», a déclaré Durand.

Après avoir tenté en octobre d'évacuer les opposants installés sur le site, le gouvernement a décrété un moratoire afin de réaliser de nouvelles études sur le projet d'aéroport. Les gendarmes qui contrôlaient le secteur ont quitté les lieux en avril.

«Ca peut être interprété comme le fait que le gouvernement cherche une porte de sortie, mais nous restons vigilants», a déclaré Durand. Le rassemblement estival vise à «montrer à l'Etat que la résistance est toujours là et qu'il faut la prendre en compte», a-t-il dit.

«Un autre modèle de société»

Parmi la foule des jeunes venus davantage pour la musique, des moins jeunes disaient venir avant tout par «militantisme», à l'instar de Marie-Thérèse, originaire du proche village de Bouvron, qui porte un autocollant avec la mention «Non à l'aéroport et à son monde».

«La question de fond, c'est qu'on réclame un autre modèle de société», explique cette agricultrice à la retraite, qui dit avoir milité pour la première fois contre le projet d'aéroport «il y a 43 ans».

Nettement plus jeune, Nicolas Dhervaux, 33 ans, explique être venu «pour montrer qu'il y a un soutien dans l'opinion» contre le projet d'aéroport, qui doit s'élever dans une zone de bocage.

«L'Etat essaye d'étouffer le mouvement, de faire passer les opposants pour des marginaux. Il faut montrer qu'on n'est pas des bouseux en train de faire un pique-nique», explique cet assistant d'éducation d'un lycée professionnel du Morbihan.

L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, cher au cœur du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, est censé remplacer en 2017 l'actuelle aérogare de Nantes Atlantique, située au sud de l'agglomération. Ses opposants récusent l'argument selon lequel l'actuelle plateforme serait menacée de saturation.