Jérôme Cahuzac: Revivez sa seconde audition par la commission d'enquête parlementaire

avec AFP

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Le 26 juin 2013, Jérôme Cahuzac est auditionné par la commission d'enquête parlementaire qui cherche à determiner d'éventuels dysfonctionnements dans le cadre de l'affaire Cahuzac.
Le 26 juin 2013, Jérôme Cahuzac est auditionné par la commission d'enquête parlementaire qui cherche à determiner d'éventuels dysfonctionnements dans le cadre de l'affaire Cahuzac. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Jérôme Cahuzac doit être entendu une deuxième fois ce mardi par une commission d'enquête parlementaire sur son affaire de fraude fiscale, à la suite notamment d'éléments nouveaux apparus lors de l'audition de son ministre de tutelle Pierre Moscovici.

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La commission est chargée de déterminer s'il y a eu des dysfonctionnements dans l'action du gouvernement et des services de l'Etat entre les révélations de Mediapart sur un compte caché en Suisse le 4 décembre et les aveux le 2 avril de Jérôme Cahuzac. Elle doit entendre l'ex-ministre du Budget à partir de 17h15.

La réalité de la «muraille de Chine» en question

Il y sera notamment question d'une réunion le 16 janvier à l'Elysée, évoquée par le ministre de l'Economie Pierre Moscovici devant la commission il y a une semaine. Au cours de cet échange, Pierre Moscovici avait informé François Hollande et Jean-Marc Ayrault de la possibilité d'interroger la Suisse sur l'existence ou non d'un compte de Jérôme Cahuzac en Suisse. Ce qui, dans cette rencontre, a suscité l'émoi de certains membres de la commission -notamment son président le député UDI Charles de Courson - est que l'un des protagonistes n'était autre que Jérôme Cahuzac lui-même qui, de surcroît, selon le témoignage de Pierre Moscovici, était intervenu dans la discussion.

De quoi donner des munitions aux députés de l'opposition, qui doutent de la réalité de la «muraille de Chine» qui aurait été érigée à Bercy dès le 10 décembre autour de l'ex-ministre délégué au Budget, pour le tenir à l'écart des développements concernant les investigations sur son compte.

Par ailleurs, au cours de sa première audition Jérôme Cahuzac avait affirmé sous serment: «M. Pierre Moscovici ne m'a jamais informé de cette procédure». Des déclarations qui ont conduit les membres de la commission à demander à Pierre Moscovici s'il pensait que son ex-ministre délégué leur avait menti.

Hollande ciblé par Charles de Courson

Jérôme Cahuzac, qui a démissionné le 19 mars, a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale. Interrogé le 26 juin par la commission, il avait refusé de répondre à plusieurs questions au motif qu'elles empiétaient sur l'enquête judiciaire.

L'audition de mardi pourrait être l'occasion de nouvelles passes d'armes entre députés de la majorité et de l'opposition, très divisés sur ce que savait François Hollande sur le compte caché de son ministre du Budget. Charles de Courson a ciblé le président, évoquant notamment un coup de fil donné le 15 décembre au cabinet de l'Elysée par Michel Gonelle, l'opposant local à Jérôme Cahuzac à Villeneuve-sur-Lot, dont un enregistrement est à l'origine de l'affaire.

«Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé» «entre le 4 et le 18 décembre», le président dispose de «l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent», a-t-il déclaré. Faux, lui a répondu le rapporteur socialiste de la commission, le député PS Alain Claeys : la commission ne dispose d'«aucun élément» permettant de «justifier une telle affirmation».