Propos sur les gens du voyage et Hitler: Bourdouleix va être exclu de l'UDI

POLITIQUE «Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez», a lancé le député-maire de Cholet à propos des gens du voyage...

M.Gr.

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Illustraion de gens du voyages, installés dans un champ près de l'aérodrome de Cerny-la Ferte-Alais, en 2010
Illustraion de gens du voyages, installés dans un champ près de l'aérodrome de Cerny-la Ferte-Alais, en 2010 — STEVENS FREDERIC/SIPA

Devant faire face à l'occupation, par des gens du voyage, d'un champ dans sa ville de Cholet (Maine-et-Loire), le député-maire UDI Gilles Bourdouleix a lancé devant un journaliste du Courrier de l'Ouest: «Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez». 

Jean-Louis Borloo, le président de l'UDI, a saisi la direction du parti sur les «suites inévitables à donner» à ces propos, indique-t-il dans un communiqué. Dans la soirée, Jean-Christophe Lagarde, le secrétaire général de l'UDI, a confirmé que son exclusion était acquise, alors qu'un comité exécutif, prévu mercredi, devrait entériner cette décision. «Rien dans nos statuts ne permet de procéder à une exclusion en urgence hors de ce cadre», a-t-il assuré à l'AFP. «Mais, politiquement, il n'y a pas eu d'hésitation», a-t-il ajouté. Toutefois, l'entourage de Jean-Louis Borloo faisait remarquer lundi soir que l'élu contestait ces propos. Et que «Personne n'a le droit d'insulter un élu de la République».

«Situation illégale»

Escorté par la police, le maire s'était rendu, dimanche, sur le terrain de cinq hectares loué à la commune par deux jeunes exploitants agricole. C'est là que se sont rassemblées, depuis le samedi soir et sans avoir au préalable prévenu le préfet de leur présence, 150 caravanes des gens du voyage, qui appartiennent tous à la mission évangélique Vie et Lumière.

Pendant plus d'une heure, le député-maire aurait fait face à plusieurs dizaines de représentants de la mission, rapporte Le Courrier de l'Ouest. Décidé à chasser les 150 caravanes, Gilles Bourdouleix aurait alors attaqué par un «pour moi, c'est une secte cette mission», avant d’indiquer qu'il avait saisi le préfet pour faire évacuer le terrain, rappelant  que les gens du voyage étaient «en situation illégale».

Echanges houleux

Au terme d'échanges houleux, le député-maire, probablement énervé par des saluts nazis de gens du voyage et des accusations de racisme, aurait alors marmonné: «Comme quoi, Hitler n'en a peut-être pas tué assez...» Des propos que seuls les policiers et les agriculteurs présents à proximité de l'élu ont pu entendre, explique le journaliste présent sur place. Interrogé ensuite sur cette phrase par le Courrier de l'Ouest, le député-maire n'a pas nié l'avoir prononcée. Une vidéo, publiée sur le site du journal ce lundi, vient confirmer la teneur des échanges.

L'élu s'était défendu auprès de Ouest-France, corrigeant quelque peu ses propos: « Si j’étais Hitler, ils seraient tués ici. Voilà en gros ce que j’ai dit », aurait ainsi reconnu Gilles Bourdouleix, en évoquant cet épisode auprès du quotidien. Le maire a également précisé au journal qu'il aurait, selon lui, été comparé à Hitler par les gens du voyage.

Ce lundi, David Assouline, sénateur de Paris et porte-parole du Parti Socialiste a réagi à ces propos, en les condamnant fermement sur le compte Twitter du PS.