Dîner de Hollande avec la presse: La présidence normale, un concept «vieux et ancien»

avec AFP

— 

Le président de la République François Hollande, le 14 juillet 2013 à Paris.
Le président de la République François Hollande, le 14 juillet 2013 à Paris. — MEIGNEUX/LCHAM/SIPA

François Hollande s'est posé jeudi soir en président «réformiste» qui veut «faire le récit de la France de demain» lors d'un «dîner inédit» auquel il avait été convié, hors micros et caméras, en présence d'une centaine de journalistes. Organisé à la maison des polytechniciens, un hôtel particulier du VIIe arrondissement, par l'Association de la presse présidentielle, ce dîner était une première, aucun des prédécesseurs de François Hollande n'ayant répondu à une telle invitation.

«Quatorze mois après son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat a reconnu que «la présidence normale» qu'il entendait incarner au début de son quinquennat paraissait déjà un concept «vieux et ancien», face à la dure réalité de la crise et à l'inquiétude des Français.

«Personne n’est indifférent à l’état de l’opinion»

«On n'est pas dans la situation de 1997 d'une croissance forte», aujourd'hui «ce n'est pas l'histoire de la France qu'il faut rappeler, c'est le récit de la France de demain», «la France dans dix ans», a fixé comme cap le président de la République. «Personne n'est indifférent à l'état de l'opinion», a-t-il confié conscient qu' «un rebond possible de popularité» ne sera envisageable pour lui que «s'il y a des résultats», en particulier de l'emploi et de la croissance.

A ceux notamment qui réclament un infléchissement à gauche, il a répliqué, «ca serait quoi être plus à gauche en ce moment, c'est penser que parce qu'on ferait un point de plus de déficit, ça irait mieux?» Certes, «il y a des alternatives politiques» mais «la ligne que j'ai choisie est une ligne qui permet les réformes, donc c'est une ligne réformiste» pour être en mesure de «donner un avenir à la France».

«Je ne me préoccupe pas de ce qui se passe dans l'autre camp»

Interrogé sur ses adversaires potentiels pour la présientielle de 2017, le président de la République a jugé qu'il était «beaucoup trop tôt» pour en parler. «Je ne me préoccupe pas de ce qui se passe dans l'autre camp et dans mon camp personne ne prépare la présidentielle», a-t-il en tout cas assuré. Et comme un avertissement à ceux qui s'impatienteraient dans sa majorité, il a rappelé que «la meilleure façon de se préparer c'est d'être loyal et d'être le meilleur à son poste».

A la question abrupte d'un journaliste allemand lui demandant s'il croyait «vraiment à ce qu'il racontait», en annonçant comme il l'a fait le 14 juillet la reprise économique dans les prochains mois, il a répondu: «les responsables politiques croient à ce qu'ils disent, c'est une erreur de penser qu'ils mentent, ils peuvent se mentir à eux-mêmes, se tromper mais je crois à la sincérité des hommes politiques». Et tout état de cause, «nous sommes sortis de la crise de la zone euro» qui battait son plein l'été dernier et «on sait qu'il ne se passera rien de grave cet été». Après deux trimestres de croissance négative, «nous sommes sortis de la récession», a-t-il maintenu «même si la phase de croissance ne viendra pas avant 2014».

«Bregançon, c'est très bien sauf que vous êtes enfermés»

Quant à la question récurrente des vacances, «c'est un sujet qui me fâche», a-t-il reconnu, rappelant que l'an dernier, en partant «quelques jours», c'était «comme s'il avait commis un impair». Mais l'important en fin de compte, «c'est de faire une rentrée avec des nouvelles idées, des nouvelles propositions», a fait valoir le président, restant mystérieux sur son lieu de villégiature cet été. «Je vais essayer de trouver les conditions de ma liberté», a-t-il seulement indiqué près avoir souligné que «Bregançon, c'est très bien sauf que vous êtes enfermés» à «peu près dans les mêmes conditions qu'à l'Elysée».