Cahuzac: Pourquoi il va être réentendu par la commission d’enquête parlementaire

FRAUDE FISCALE Il a menti en affirmant n’avoir pas été informé d’une réunion à l’Elysée sur une demande d’entraide à la Suisse...

Maud Pierron

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Le 26 juin 2013, Jérôme Cahuzac est auditionné par la commission d'enquête parlementaire qui cherche à determiner d'éventuels dysfonctionnements dans le cadre de l'affaire Cahuzac.
Le 26 juin 2013, Jérôme Cahuzac est auditionné par la commission d'enquête parlementaire qui cherche à determiner d'éventuels dysfonctionnements dans le cadre de l'affaire Cahuzac. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Après une audition qui n’a pas apporté grand-chose le 26 juin dernier, Jérôme Cahuzac va de nouveau être entendu la semaine prochaine par les membres de la commission d’enquête parlementaire chargé de faire la lumière sur d’éventuels dysfonctionnement de l’Etat dans cette affaire. C’est un mini-coup de théâtre puisque les auditions de la commission devaient s’achever mercredi soir. Mais les derniers éléments apportés à la connaissance de la commission ont achevé de convaincre les députés qu’il fallait réentendre l’ex-ministre du Budget, même s’il ne s’était pas montré coopératif.

En effet, lors de son audition du 26 juin, Jérôme Cahuzac avait à plusieurs reprises dit qu’il n’avait pas été au courant des démarches entreprises par le gouvernement pour déterminer s’il avait ou non un compte en Suisse, en raison de la «muraille de Chine» érigé entre lui et les services qui s’occupaient de ce dossier. Il avait affirmé n’avoir «jamais été au courant de la demande d’entraide adressé à la Suisse et avait juste concédé avoir été informé du «sens de la réponse».

Remous à la commission

Or, dans Cahuzac les yeux dans les yeux (chez Plon), la journaliste Charlotte Chaffanjon révèle que s’est tenu le 16 janvier une réunion à l’Elysée entre François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac au sujet de cette demande d’entraide à la Suisse. Une information que le ministre de l’Economie a dû confirmer lors de son audition devant la commission d’enquête. C’était une réunion «informelle» s’est-il défendu, arguant que Jérôme Cahuzac n’avait été informé que du «principe de la demande» mais pas de «la procédure ni de la rédaction de la demande».

Ce nouveau mensonge de Jérôme Cahuzac n’a évidemment pas échappé aux membres de la commission d’enquête qui ont donc souhaité réentendre l’ex-ministre sur cette «contradiction», comme le dit le président de la commission, Charles de Courson. Les députés lui demanderont des éclaircissements sur la teneur de cette réunion du 16 janvier, mais aussi sur son mensonge sur Stéphane Fouks, dont il avait assuré qu’il n’avait «joué aucun rôle dans ma communication», contredisant ainsi de nombreuses informations de presse.

Mais la confirmation de la tenue de cette réunion le 16 janvier a provoqué d’autres remous dans la commission d’enquête. En effet, des députés de l’opposition ont souhaité auditionner Jean-Marc Ayrault, afin d’en savoir plus sur cette réunion. Une demande à laquelle se sont opposés les députés de la majorité, accusant certains membres de la commission de faire une utilisation politicienne de la commission.