Meeting de Fillon: «Une trahison», estime Guaino...«Super génial!», ironise Juppé

POLITIQUE Florilège des réactions à la suite du meeting de riposte de François Fillon...

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Bordeaux, 8 fevrier 2013. - Alain Juppe, maire de Bordeaux, dans son bureau. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 8 fevrier 2013. - Alain Juppe, maire de Bordeaux, dans son bureau. - Photo : Sebastien Ortola — S. Ortola / 20 Minutes

Au lendemain de la charge de François Fillon contre Nicolas Sarkozy, auquel l'ancien Premier ministre a dénié le rôle d'«homme providentiel» en vue de la présidentielle de 2017, les réactions politiques n'ont pas tardé pour saluer ou critiquer l'intervention du chef de file de Force Républicaine.

Henri Guaino, député UMP des Yvelines, a accusé vendredi François Fillon de «trahison» à l'égard des militants et des sympathisants du parti après la charge de l'ex-Premier ministre à La Grande-Motte. Il a affirmé n'avoir pas entendu «beaucoup d'idées» dans l'intervention de l'ancien Premier ministre mais plutôt «beaucoup de critiques, beaucoup d'attaques». L'élu a vu dans les propos de François Fillon «une forme de trahison affective, de trahison morale par rapport aux militants, aux sympathisants» qui «se mobilisent pour répondre à ce qu'ils considèrent comme une injustice» faite à l'ancien président et à l'UMP. Pour cet élu sarkozyste, «ce qui s'est passé hier soir (...) ce n'est pas digne».

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la marie de Paris, a jugé ce vendredi cette nouvelle guerre des chefs «bien décalée» au regard des «préoccupations» des Français. «Aujourd'hui, on est en pleine crise, les Français sont traversés de problèmes et d'inquiétudes, et leur inquiétude majeure n'est pas de savoir quel va être le leadership à la tête de l'UMP, mais alors pas du tout», a réagi la députée de l'Essonne sur LCI. «Je passe ma vie sur le terrain dans le cadre de la campagne de Paris, les Français ne sont pas angoissés à l'idée de savoir qui va prendre le leadership de l'UMP», a-t-elle poursuivi, se déclarant «consciente que c'est bien décalé avec leurs préoccupations».

Brice Hortefeux, ancien ministre et ami de longue date de Nicolas Sarkozy, a peu goûté les propos de François Fillon. Ce vendredi sur Europe 1, il a estimé que l’ancien Premier ministre est «libre de s'exprimer comme il l'entend, avec ses mots, ses centres d'intérêts et ses préoccupations qui portent sur la présidentielle de 2017 (…) qui se déroulera dans plus de 45 mois». Brice Hortefeux a également souligné que François Fillon «a travaillé en totale confiance sous l'autorité de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans». Ce qui implique que «s'il y a critique, ça commence par l'autocritique».

Christine Boutin, qui vient de quitter la présidence du Parti chrétien-démocrate, a taclé sur I-télé le meeting de François Fillon. «[Il] a piqué une crise de nerfs (…) Je trouve que cela est un peu déplacé. (…) Je ne sais pas s’il a un projet politique», a encore jugé l’ancienne ministre, qui a confié «avoir été très déçue par François Fillon» sur le mariage pour tous.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé a quant à lui commenté la situation sur son blog, se fendant d'un «super génial!». «Au moment où l’UMP a plus que jamais besoin d’unité et de solidarité, les meilleurs d’entre nous ne trouvent rien de mieux que d’échanger quelques gracieusetés et d’engager la bataille de 2017. Super génial!»

Le député des Alpes-Maritimes Éric Ciotti, proche de François Fillon, a fait l’éloge de son champion. Il a ainsi déclaré ce vendredi sur RMC qu’«il faut quelqu'un qui rassemble. Il me semble que François Fillon rassemble et c'est que disent les enquêtes d'opinion. Je pense que François Fillon a les meilleures qualités pour nous faire gagner.» «Les primaires nous offrent la garantie de l'unité. Chacun doit entrer dans le débat. François Fillon dit toujours la vérité, c'est une qualité», a-t-il encore jugé.

Lors d'une réunion publique à La Grande Motte, trois jours après la venue de Nicolas Sarkozy lundi devant le bureau politique de l'UMP, François Fillon a affirmé ne pas lier «l'avenir de l'UMP à un homme». Selon lui, le premier parti d'opposition «ne peut vivre congelé, au garde-à-vous, dans l'attente d'un homme providentiel» et «chacun aura le droit d'être candidat» à la primaire de 2016 pour la présidentielle de 2017.

Une phrase qui a fait tiquer jeudi soir le député-maire de Levallois Patrick Balkany sur I-télé, qui critique «les égos des uns et des autres» et juge que les Français attendent autre chose. 

A gauche, le député de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste Eduardo Rihan Cypel a comparé jeudi soir la prestation de Fillon à «une agitation post-mortem».