Ayrault va dévoiler le plan d'investissement de 10 milliards d'euros du gouvernement

POLITIQUE Qui s'articulera notamment autour de la transition énergétique...

avec AFP

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des questions au gourvernement à l'Assemblée Nationale, le 10 avril 2013.
Le premier ministre Jean-Marc Ayrault lors des questions au gourvernement à l'Assemblée Nationale, le 10 avril 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Jean-Marc Ayrault dévoile mardi après-midi à l'université Jussieu un plan d'investissements d'avenir sur dix ans, qui, s'il regroupe en partie plusieurs chantiers déjà lancés, sera doté d'une enveloppe d'environ 10 milliards d'euros et doit permettre au gouvernement de réaffirmer ses ambitions en matière environnementale.

Le Premier ministre présentera ce plan mardi à 17 heures  à l'université Jussieu-Pierre et Marie Curie, un «lieu d'exigence scientifique et de savoir», selon son entourage.

François Hollande avait chargé Jean-Marc Ayrault de concocter ce plan, souhaitant un plan articulé autour de «quatre grandes filières: le numérique, la transition énergétique, la santé et les grandes infrastructures de transport».

Dans un contexte budgétaire très contraint, il ne doit pas se résumer à un inventaire à la Prévert mais plutôt être «l'occasion de présenter une doctrine d'investissement qui privilégie l'efficacité sur l'affichage, au service de tous les territoires», a de son côté prévenu Jean-Marc Ayrault. Ce plan regroupera ainsi pour partie des chantiers déjà engagés comme sur le très haut-débit ou dans le cadre du Grand-Paris.

Donner des gages aux écologistes

Côté financements, le gouvernement privilégierait la quête de ressources via des ventes de participation de l'Etat dans des entreprises et une part d'épargne, plutôt qu'un grand emprunt.

Après le limogeage de Delphine Batho et ses virulentes attaques contre la «rigueur qui ne dit pas son nom» conduite par le gouvernement, l'enjeu est aussi de montrer que l'environnement n'est pas une «variable d'ajustement», selon les termes de Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre devrait ainsi faire des annonces pour montrer que la politique environnementale ne se limite pas au budget du ministère de l'Ecologie et que les ambitions écologiques du quinquennat demeurent intactes.

Il faut que le plan d'investissement attendu mardi porte en «priorité» sur la rénovation des bâtiments, le transport durable, ou encore l'aide financière aux entreprises pour réaliser la transition énergétique, ont pour leur part estimé vendredi plusieurs ONG environnementales comme la Fondation Nicolas Hulot ou le Réseau pour la transition énergétique.  Parmi les mesures envisagées par le gouvernement, le programme de déploiement sur le territoire des compteurs électriques intelligents «Linky» pourrait être accéléré.

Les grands projets en ligne de mire

Le Premier ministre s'exprimera aussi sur les infrastructures de transport. Il doit annoncer les investissements à réaliser avant 2030, en fonction des arbitrages effectués à partir du rapport de la commission Mobilité 21, remis fin juin. La priorité est donnée à l'entretien du réseau existant, mais 28 à 30 milliards d'euros doivent également être consacrés aux grands projets à l'horizon 2030. L'Etat doit investir 400 millions supplémentaires par an dans le budget de l'Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF).

Concrètement, le gouvernement doit maintenir le début des travaux d'une seule ligne à grande vitesse (LGV) avant 2030 : Bordeaux-Toulouse. Les autres LGV (Bordeaux-Hendaye, Paris-Orléans-Clermont-Lyon, Poitiers-Limoges, seconde phase de la LGV Rhin-Rhône...) sont renvoyées à l'après 2030.

La priorité doit également être donnée à un certain nombre de grands «noeuds ferroviaires», destinés à désengorger de nombreuses gares, comme les gares de Lyon et Saint-Lazare à Paris, la Part-Dieu à Lyon ou Saint-Charles à Marseille.