L'UMP se ressoude autour de Nicolas Sarkozy

POLITIQUE Et continue à chercher de l'argent pour renflouer ses caisses…

Matthieu Goar
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Nicolas Sarkozy le 18 février 2012 à Paris.
Nicolas Sarkozy le 18 février 2012 à Paris. — EAU ALEXIS/SIPA

Un retour par la petite porte. Lundi, Nicolas Sarkozy participera à son premier Bureau politique de l’UMP depuis 2007. La séance se tiendra à huis clos et l’ancien président devrait parler devant près de 800 personnes de l’invalidation des comptes de sa campagne par le Conseil constitutionnel. Une décision qui met en difficulté sa formation, obligée de trouver 10,691 millions d'euros avant le 31 juillet.

Un retour, quel retour?

Même si les fillonistes sont restés particulièrement discrets depuis juedi, le discours de l'ex est attendu par tout l'UMP. Mais, dans ce contexte compliqué où l’ancien président ne maîtrise pas l’agenda, hors de question de parler d’un retour à la vie politique, selon ses proches. «Il s’agit avant tout de tenir un discours mobilisateur dans une situation difficile. Il faut une communion, comme une famille face à des moments douloureux», lâche Valérie Debord, ancienne députée et responsable du projet à l’UMP. «Il ne revient pas dans l’arène politique, c’est un autre type de rendez-vous. D’ailleurs, je pense qu’il ne fera jamais son retour dans la vie politique partisane. Il est au-dessus de ça maintenant», poursuit Geoffroy Didier, un des animateurs du courant sarkozyste la Droite forte.

La chasse aux euros, la base mobilisée

Pendant tout le week-end, l’UMP a continué à faire ses calculs après l’appel aux militants et aux sympathisants. Dimanche, dans l’après-midi, un dirigeant évoquait plus de deux millions d’euros engrangés. «Et encore, il ne s’agit que des dons en ligne. Nous n’avons pas encore reçu et donc comptabilisé les dons par courrier», glisse ce cadre. Une réunion entre Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy et les grands donateurs du parti doit également avoir lieu dans les prochains jours.

La base se mobilise également, comme lors du rassemblement de la Droite Forte, la Fête de la violette à la Ferté-Imbault (Loir-et-Cher) qui s’est tenue samedi. «J’ai senti une ferveur militante, digne d’une campagne présidentielle. Les militants criaient plus que jamais. Nicolas Sarkozy n’était pas présent, il était dans tous les esprits», s’enthousiasme Geogffroy Didier.

Même s’ils minimisent la portée de «retour» , les sarkozystes tentent de faire contre mauvaise fortune, bon cœur en faisant de l’ancien président l’unique recours, alors que 82% des sympathisants UMP souhaitent sa candidature en 2017, selon un sondage Ifop pour Le JDD. «Sarkozy est le seul ciment de notre unité, contrairement à ce que pensent les quinquas, Jean-François Copé et François Fillon. D’ailleurs, lors de la crise à l’automne, on a bien vu que Sarkozy était déjà  le seul recours», conclut Geoffroy Didier.