Comptes de campagne: Nicolas Sarkozy se rebiffe

Alexandre Sulzer

— 

Nicolas Sarkozy le 18 février 2012 à Paris.
Nicolas Sarkozy le 18 février 2012 à Paris. — EAU ALEXIS/SIPA

«Affaire Bettencourt, financement par Kadhafi: ils font tremper Nicolas Sarkozy dans tous les trucs. Mercredi encore, il me confiait qu’il n’avait pas l’intention de se laisser faire», glisse un proche de l’ancien Président pour expliquer la «démission» spectaculaire de Nicolas Sarkozy du Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit, après la décision de la haute juridiction de rejeter ses comptes de campagne. «Encore une fois, il a pris la bonne décision car sinon, on laissait la main à nos détracteurs», explique le sénateur Pierre Charon, vice-président de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy. Car, en «démissionnant» - terme impropre juridiquement – l’ancien chef de l’Etat «retrouve sa liberté de parole». «Être membre du Conseil constitutionnel l’empêchait de faire un 20h, ça le réduisait au silence. Là, vous allez le retrouver! Vous pouvez le croire sur parole», professe Pierre Charon. Car, à en croire son entourage, Nicolas Sarkozy a des choses à dire.

Un problème démocratique pour les proches

 A commencer par commenter la décision du Conseil constitutionnel. «Elle pose un vraie problème démocratique. Le dépassement des dépenses aurait pu être réintégré dans les comptes. On aurait pu imaginer une amende. Mais là, pour un dépassement de 2,1% du plafond, on met un parti sur la paille», se révolte Nadine Morano, trésorière de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy qui, elle aussi, veut lancer une souscription. Imaginez ce qu’il serait arrivé s’il avait été élu président de la République? » Si l’ancienne députée de Meurthe-et-Moselle rappelle son «respect» pour l’institution, elle n’hésite pas à ironiser: «Chacun connaît la grande amitié que porte Jean-Louis Debré [le président du Conseil constitutionnel] à Nicolas Sarkozy. Pas besoin de faire un dessin…»

 «Le gros lot, c’est Sarko!»

 «Ce doit être un rival extrêmement dangereux pour que l’on s’acharne à ce point sur lui, tempête, victimaire, Henri Guaino sur BFMTV. Il y a un climat de chasse au Sarkozy qui saute aux yeux.» Celui qui avait attaqué bille en tête le juge Gentil dans l’affaire Bettencourt reconnaît toutefois que cette affaire est «de nature différente». «La question est de savoir si la démocratie peut fonctionner comme cela, avec des juges qui décident du coefficient à appliquer, confie-t-il à 20 Minutes. On a créé un système ingérable pour les candidats qui demande qu’on le remettre à plat.»

Lui comme les autres proches de Nicolas Sarkozy contactés refusent pour autant de voir dans cette nouvelle liberté de parole un retour immédiat en politique. Ce qui n’empêche pas Pierre Charon d’en venir presque à exulter: «Ils ont voulu jouer aux cons, ils ont gagné le gros lot à force de l’asticoter. Et le gros lot, c’est Sarko!»