Critiques de Batho sur le gouvernement: «Une crise politique majeure» pour Borloo... «Un acte de résistance» pour le Parti de Gauche

A.-L.B. avec AFP

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Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget  dans son bureau à Bercy le 19 juin 2013
Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget  dans son bureau à Bercy le 19 juin 2013 — V.Wartner/20 Minutes

 

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20h53: L'éviction de Batho est «uniquement liée à ses déclarations sur son budget» selon Matignon
«Son éviction est uniquement liée à ses déclarations sur son budget qu'elle a jugé mauvais. Si on estime qu'on a un mauvais budget, on quitte le gouvernement», dit-on dans l'entourage du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault
19h29: «Cela nécessite des réponses» du gouvernement
Les propos de Delphine Batho sur les «forces» économiques qui souhaitaient son éviction nécessitent «des réponses» du gouvernement et de François Hollande, a estimé le sénateur écologiste, Jean-Vincent Placé.

«Ce qu'elle raconte des pressions des lobbies patronaux industriels productivistes est extrêmement inquiétant» et cela «nécessite des réponses du ministre du Budget, du Premier ministre et des réponses du président de la République», a déclaré le sénateur à l'AFP.
19h20: Harlem Désir (PS) «regrette et condamne» les propos de Batho sur Ayrault
Harlem Désir a déclaré «regretter et condamner» les propos «pas acceptables», selon lui, de l'ex ministre de l'Écologie, Delphine Batho à l'encontre de Jean-Marc Ayrault, mais a admis qu'elle gardait «bien sûr» sa place au Parti socialiste.
«Je regrette et je condamne des propos qui n'ont pas lieu d'être vis-à-vis du Premier ministre et qui ne sont pas acceptables», a déclaré le Premier secrétaire du PS sur LCI.
Delphine Batho «aurait mieux fait de rester dans le gouvernement, à se battre, comme le font tous les ministres, pour avoir les meilleurs moyens possibles. Mais il y a aussi un devoir de cohérence gouvernementale», a-t-il ajouté.
Delphine Batho a-t-elle toujours sa place au PS? «Oui, bien sûr», a répondu brièvement Harlem Désir avant d'ajouter: «Je peux comprendre l'amertume. Mais cela ne justifie pas les propos qu'elle vient de tenir vis-à-vis du gouvernement dont elle était membre il y a encore deux jours».
 
18h38: Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, juge que «la responsabilité, c'est d'assumer ses propres erreurs»
Le patron des députés PS a estimé jeudi après la conférence de presse de Delphine Batho que «la responsabilité c'est d'assumer ses propres erreurs, pas de l'imputer à la ligne politique du gouvernement», a estimé Bruno Le Roux dans les couloirs de l'Assemblée, peu après les déclarations de Delphine Batho qui a mis en cause avec virulence le tandem de l'exécutif.
«Il n'y a pas de tournant, pas d'austérité, pas plus qu'il n'y a eu de démission de Delphine Batho», a ajouté Bruno Le Roux qui a souligné que «les décisions en matière de transition énergétique que le gouvernement va prendre, démentiront ce qu'a dit Delphine Batho».
 
18h33: Christian Picquet analyse que «l'austérité interdit au peuple d'accéder au changement qui lui avait été promis»
Dans un communiqué, le porte-parole de la Gauche unitaire écrit: «Delphine Batho, tirant avec courage les enseignements de son éviction brutale du gouvernement, en vient-elle aux mêmes conclusions que le Front de gauche. Comme nous, elle constate que l'austérité interdit au peuple d'accéder au changement qui lui avait été promis (...) L'ancienne ministre de l'Environnement reste, bien sûr, solidaire du dogme de l'équilibre budgétaire au nom duquel le gouvernement cherche à plier la France à une ligne en tout point opposée à ce que la majorité de ses citoyens attendait en mai et juin 2012».

18h30: Malek Boutih (PS) juge «qu'un gouvernement de gauche pratique comme un gouvernement de droite, ce n'est pas possible»
Le député PS de l'Essonne a déclaré à la presse, dans les couloirs de l'Assemblée nationale. «Je l'ai trouvée digne, émouvante, ça m'a redonné de la fierté d'être à gauche quand je vois une femme comme elle. Elle représente tout ce dont notre génération a envie, des gens qui ne baissent pas la tête, qui restent au combat (...) Quand elle dit qu'il n'y a plus de collégialité au sein du gouvernement, elle renvoie à un sentiment que l'on ressent ici au groupe socialiste: plus ça devient difficile politiquement, moins on demande leur avis à ceux qui participent de ce combat... L'idée qu'un gouvernement de gauche pratique comme un gouvernement de droite, ce n'est pas possible».

18h27: Des propos de Batho «pas acceptables» selon François Rebsamen
Le président du groupe PS au Sénat, François Rebsamen, a jugé «pas acceptables» les déclarations contre Jean-Marc Ayrault de Delphine Batho, évincée du gouvernement. «Les propos qui ont entraîné son départ du gouvernement étaient déjà très surprenants et en rupture avec l'obligation de solidarité gouvernementale, mais ceux d'aujourd'hui envers le Premier ministre ne sont pas acceptables», écrit dans un communiqué François Rebsamen, un proche de François Hollande.
«Je préfère les mettre sur le compte de la fatigue, du surmenage et de la déception, plutôt que de penser que Delphine Batho, guidée par une volonté de règlement de comptes, veuille aujourd'hui poursuivre un combat personnel déplacé en jouant contre son camp», ajoute-t-il.
«Il faut maintenant tourner la page de cet épisode regrettable», poursuit-il, qualifiant l'arrivée de Philippe Martin au ministère de l'Ecologie de «bonne nouvelle».
 
18h22: Un membre du gouvernement juge «qu'entendre Delphine Batho expliquer que la politique du gouvernement fait le lit du Front national n'est pas acceptable».
Sous le sceau de l'anonymat, ce ministre a ajouté à l'AFP: «La charge est tellement unilatérale, radicale que je pense que cela n'aura pas d'effet durable», a-t-il ajouté.
 
18h20: Le ministre Guillaume Garot reproche à Batho de critiquer «aujourd'hui ce qu'elle défendait encore avant-hier» avec ses attaques contre le gouvernement
Le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot, proche de Delphine Batho, a néanmoins jugé sur Public Sénat: «Il y a sans doute de l'amertume, mais cela ne justifie pas les propos qui sont tenus parce que c'est un vrai manque de respect vis-à-vis de l'équipe gouvernementale».
Il s'est dit «en désaccord» avec les propos de Delphine Batho sur l'absence de discussions au sein du gouvernement sur les arbitrages budgétaires.
«Il y a des débats au sein du gouvernement, parce qu'il y a un vrai collectif, parce qu'il y a de la collégialité», a assuré le ministre.
 
18h00: Batho «n'est pas embauchée par la Fondation» Nicolas Hulot, précise cette dernière
Alors que Delphine Batho a indiqué jeudi qu'elle apporterait son «aide» et son «expérience» à la Fondation Nicolas Hulot, celle-ci tient à préciser ce jeudi soir: 
«Elle n'est pas embauchée par la Fondation, qui est et reste apolitique», a précisé à l'AFP Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).
«Tout cela est très informel. Il y a eu des échanges ces derniers jours avec Nicolas Hulot et ils se sont dits qu'il fallait qu'ils puissent continuer à travailler ensemble», a-t-il ajouté.
 
Le Parti de Gauche, coprésidé par Jean-Luc Mélenchon, a salué «l'acte de résistance» de Delphine Batho et a mis en cause jeudi le Premier ministre en lui reprochant «un tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom». Relevant dans un communiqué que Delphine Batho n'y est «pas allée de main morte, en mettant de fait en accusation l'entourage du président de la République», le PG a fait valoir que l'ex-ministre avait «raison d'accuser le poids des lobbies économiques dans le choix des politiques gouvernementales, qui se fait effectivement sentir au plus haut niveau de l'État et notamment auprès de François Hollande».
 
Le président de l'UDI et ancien ministre de l'Écologie Jean-Louis Borloo a estimé jeudi que les explications de Delphine Batho ouvraient «une crise politique majeure» et justifiaient que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'exprime devant l'Assemblée nationale.
Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, l'ex-ministre, évincée mardi après ses critiques contre le budget 2014, a dénoncé un «tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom», «un manque de collégialité» au sein du gouvernement, également accusé de céder «à certaines forces économiques» au détriment de la défense environnementale.

 
Le Front national, par la voix de son vice-président Florian Philippot estime, dans un communiqué, que «Delphine Batho a confirmé la mainmise totale de la finance et des puissances d'argent sur le gouvernement de la France.» Il ajoute que «le gouvernement PS, pas plus que l'UMP hier, n'a l'intention de reprendre les manettes, laissées à des gens non élues et aux lobbies financiers qui les contrôlent. Delphine Batho l'a dit à demi-mot : la finance n'est pas "l'adversaire" du gouvernement Hollande, mais son maître.»
 

Des déclarations qui n’ont rien de tiède. L'ex-ministre de l'Écologie Delphine Batho a accusé jeudi le gouvernement d'avoir cédé à «certaines forces économiques», liées notamment au gaz de schiste et au nucléaire, qui «voulaient (s)a tête». Ses propos ont fait vivement réagit la classe politique.

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Le ministre délégué au Budget Bernard Cazeneuve a assuré ce jeudi que son ancienne collègue Delphine Batho n'avait pas, contrairement à ce qu'elle a affirmé, réclamé une «réunion d'arbitrage» avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour contester la baisse des crédits de l'Écologie.

Pas de réunion demandée par Batho, affirme Cazeneuve

«Lorsque les ministres ont souhaité des arbitrages à Matignon, des réunions se sont tenues à Matignon en présence du Premier ministre et des ministres concernés pour qu'il soit procédé (...) aux arbitrages qui devaient être faits», a réagi Bernard Cazeneuve. Or, selon lui, l'ex-ministre de l'Écologie n'a pas demandé une telle réunion, contrairement à ses collègues de l'Outre-Mer, du Travail et de l'Éducation nationale.

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