Cécile Duflot lance un avertissement à François Hollande

POLITIQUE Elle réclame «un véritable second souffle» en matière d’écologie car elle estime qu’aujourd’hui, le compte n’y est pas...

M.P.

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Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, le 6 mars 2013.
Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, le 6 mars 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Il fallait s’y attendre: les écologistes mettent la pression sur François Hollande après l’éviction de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho mardi soir. Et c’est la plus médiatique d’entre eux, Cécile Duflot, qui lance l’attaque. La ministre du Logement réclame à François Hollande «un véritable second souffle», dans un entretien au Monde paru jeudi. «Les rendez-vous de l'automne sur la transition énergétique, le budget et la fiscalité environnementale, qui étaient déjà très importants, deviennent brûlants», prévient l’ex-patronne d’EELV.

Elle confie par ailleurs avoir «mal» vécu le limogeage de Delphine Batho qui l’a amenée, pour la première fois depuis son entrée au gouvernement, à réfléchir sur son maintien au sein de l’équipe gouvernementale. «Jusqu'alors, la question de notre présence au gouvernement ne se posait pas, mais je suis obligée de reconnaître que je me la suis posée hier. Où suis-je le plus utile? Je suis résolue à n'être ni une observatrice désolée de la situation ni une spectatrice du renoncement», développe-t-elle.

Elle évoque d’éventuels «regrets»

Pour elle, en matière d’écologie, le compte n’y est pas. L’écologie a été une priorité «pour une part dans le discours. Maintenant, elle doit l'être dans les actes», insiste Cécile Duflot. «Il y a un glissement qui ne laisse pas de place à l'écologie et qu'il faut arrêter. Ce qui nous a beaucoup occupés depuis un an, c'est le sérieux budgétaire. Je l'assume. C'est une nécessité, mais ce n'est pas un projet. Il nous en faut un pour les années qui viennent. Pour moi, c'est la transition écologique», prévient encore l’écologiste qui, malgré le limogeage de son ex-collègue, veut garder sa relative liberté de parole.

Après l’affaire Cahuzac et la montée du FN aux différentes partielles de l’Oise et Villeneuve-sur-Lot, l’écologiste assure que «la lucidité et la responsabilité m'obligent à dire qu'il faut garder les yeux ouverts sur ce qui est en train de se déchirer dans notre pays». L’équilibre qu’elle a trouvé entre ses responsabilités et sa liberté de parole, c’est de «la sincérité», assure-t-elle. «Aujourd'hui, nous agissons au sein du gouvernement, mais nous n'écrivons qu'une partie de l'histoire. L'autre partie, essentielle, est entre les mains du président de la République et du Premier ministre. C'est à eux d'avoir le souhait et la volonté de mener ce changement. Si tel n'est pas le cas, ce sera à nous d'en tirer toutes les conséquences, de manière sereine et avec beaucoup de regrets», développe-t-elle.