Limogeage de Batho: Hollande n'a pas la main verte et provoque les écologistes

REVUE DE PRESSE La presse souligne que c'est la deuxième ministre de l'Ecologie à être débarquée...

20 Minutes avec AFP
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Le président de la République François Hollande, le 12 juin 2013 à l'Elysée.
Le président de la République François Hollande, le 12 juin 2013 à l'Elysée. — HAMILTON-POOL/SIPA

Le limogeage d'une seconde ministre de l'Ecologie, Delphine Batho,  après celui de Nicole Bricq également «remerciée», montre que François  Hollande «n'a vraiment pas la main verte avec ses alliés gênants», si ce  n'est que «l'écologie n'est plus une priorité» estiment mercredi de  nombreux éditorialistes de la presse quotidienne.

«Le chef de l'État - mais là, ce n'est pas nouveau, décapite pour la  seconde fois le ministère de l'Écologie comme pour mieux indiquer qu'il  n'a vraiment pas la main verte avec ses alliés gênants», estime Yann  Marec dans Le Midi Libre. «L'écologie n'est plus une priorité»,  estime-t-il.

Dans Libération, Nicolas Demorand fait chorus. «Après Nicole Bricq remerciée en quelques semaines, Delphine Batho  après quelques mois et sans vrai bilan, fait place à Philippe Martin  qui gérera ces contradictions sur le fauteuil le moins durable du  gouvernement».

«Une provocation en duel au petit matin»

«François Hollande disait pendant la campagne qu'il voulait faire de  la France  la nation de l'excellence environnementale . Il envoie  pourtant cette fois, l'exact signal inverse», regrette Olivier Pirot (La  Nouvelle République du Centre Ouest)

«Peut-être le Président a-t-il fini par comprendre qu'il peut tenir  sa majorité sans dire oui à tout le monde. À tout le moins le test avec  les écolos auxquels il a beaucoup donné sans rien recevoir est  intéressant», s'amuse Hubert Coudurier dans Le Télégramme.

Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis n'y va pas par  quatre chemins : «Virer deux ministres de l'écologie en un petit peu  plus d'un an n'est pas qu'un record, c'est une provocation en duel sur  le pré au petit matin.»

Un «avertissement» aux écologistes

«La valse des ministres de l'écologie (trois en un an) souligne une  absence de réelle considération. Pendant combien de temps encore, les  Verts accepteront-ils de mendier quelques avancées ? Il faut en tout cas  à leurs ministres un solide appétit de pouvoir pour avaler autant de  couleuvres,» affirme Jacques Camus de La Montagne Centre-Presse.

Même s'il croit «difficile (...) pour Cécile Duflot et Pascal Canfin,  de continuer à soutenir une politique qui brise les pattes de leur  cheval de bataille», Christophe Bonnefoy (Le Journal de la Haute-Marne)  reste réaliste. «Il ne faut pas pour autant s'attendre à les voir ruer  dans les brancards, » écrit-il.

«En coulant Delphine Batho,  l'Elysée et Matignon adressent un avertissement à l'allié écolo qui, ces  temps-ci, faisait entendre des états d'âme sur sa participation au  gouvernement», juge Philippe Waucampt du Républicain Lorrain.

«Batho paie une erreur qui la dépasse»

Sur le fond, dans Les Echos, David Barroux revient sur «cette mode  qui veut que l'on confie à la même personne le soin de gérer l'écologie  et l'énergie part d'un bon sentiment» et affirme que «défendre  l'écologie, c'est condamner l'énergie». Et de souligner que «profitant  du limogeage de Delphine Batho,  il aurait été plus logique que le gouvernement saisisse l'opportunité de  disposer sur ces dossiers de deux ministres de plein exercice.»

De son côté, Paul-Henri du Limbert (Le Figaro) profite de l'occasion pour revenir sur la rigueur. «Qu'a dit Delphine Batho,  ex-ministre socialiste de l'Écologie? Que dit la gauche du PS? Que la  politique engagée, et présentée avec beaucoup d'exagération comme la  plus rigoureuse qu'on ait jamais connue, mène à une impasse.»

Alors que dans Ouest-France, Michel Urvoy note au contraire que le  départ de la ministre «est aussi un message politique du Président et du  Premier ministre à leur majorité, aux autorités européennes et aux  bailleurs internationaux qui douteraient de la rigueur annoncée.»  «Delphine Batho paie une erreur qui la dépasse,» conclut-il.