François Hollande a mis fin aux fonctions de Delphine Batho

POLITIQUE Elle avait jugé le «budget mauvais», car son ministère voit ses crédits baisser de 7% pour 2014...

M.P.

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La ministre de l'Ecologie Delphine Batho, lors d'une conférence de presse sur la transition écologique, le 27 mai 2013 à Paris.
La ministre de l'Ecologie Delphine Batho, lors d'une conférence de presse sur la transition écologique, le 27 mai 2013 à Paris. — WITT/SIPA

Si discrète d'habitude, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho est passée au premier plan politique toute cette journée de mardi. Après s'être fait remarquer le matin en critiquant fortement le budget 2014 du gouvernement, qu'elle jugeait «mauvais» sur RTL, la ministre a été démise de ses fonctions par l'Elysée en début de soirée, remplacée par le député du Gers Philippe Martin

Sa sortie du matin, où elle critiquait le fait que les crédits de son ministère baissent de 7% pour l'année 2014, avait fortement déplu au Premier ministre, qui l'a convoquée dans l'après-midi à Matignon. L'annonce a été faite -c'est une première- par ses services sur Twitter.

Un «cap politique à réaffirmer très fortement» réclame Duflot

La ministre a reçu dans la jounée le soutien des écologistes. Cécile Duflot est montée au créneau mardi, soulignant auprès de l'AFP que la transition écologique était un «cap politique à réaffirmer très fortement». «La transition écologique doit se mesurer par des faits, et un de ces faits est la fiscalité écologique», a-t-elle ajouté.

Un peu plus tôt, Pascal Durand, secrétaire général d'Europe Ecologie-Les Verts, l'avait soutenue: «Elle est en colère parce qu'elle défend l'écologie. C'est tout à son honneur, je la félicite». Et d'ajouter: «il faut qu'elle soit entendue et nous, on va essayer de faire entendre nos voix d'écologistes aux côtés de la ministre».

Appui des écologistes

«On apporte notre soutien à Delphine Batho», a souligné François de Rugy, patron du groupe écolo à l'Assemblée. La communication gouvernementale sur le budget est «brouillonne», «impréparée», a-t-il ajouté. Ce bras de fer «a lieu au sein du gouvernement» selon lui et les écologistes souhaitent «le porter au sein de la majorité parlementaire». «On sait que sur ces questions-là, de toute façon c'est toujours le bras de fer», a-t-il estimé, jugeant que les demandes de démission de la ministre formulées par l'opposition relevaient du «théâtre parlementaire».

Une démission qui est arrivée plus vite que prévue, avec l'annonce suprise de ce mardi soir par l'Elysée.