Municipales Paris 2014: Le FN veut y croire

POLITIQUE Sous la houlette de Marine Le Pen et dans un territoire peu sensible aux idées du Front national, Wallerand de Saint-Just est le chef de file frontiste pour les élections municipales à Paris...

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, présidente du Front national, avec Wallerand de Saint-Just, le 26 juin 2013 à Paris.
Marine Le Pen, présidente du Front national, avec Wallerand de Saint-Just, le 26 juin 2013 à Paris. — A. GELEBART/20 Minutes

Son nom évoque peu en dehors des cercles du Front national. Wallerand de Saint-Just, petites lunettes-moustache-pochette avec «un petit air vieille France» selon ses mots, est le chef de file du FN pour les municipales à Paris. Un scrutin qui ressemble à l’escalade de l’Himalaya pour ce parti: En 2001 et 2008, le FN avait rassemblé respectivement 3,47 % puis 3,17% des voix, avant que Marine Le Pen totalise 6,20% à la présidentielle de 2012.

C’est pour «briser la bipolarisation artificielle» et la «compétition» «des sœurs jumelles de l’UMPS [Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo]», que Marine Le Pen a confié à Wallerand de Saint-Just ces élections parisiennes. Le trésorier et avocat du parti deviendra «le Giuliani de Paris», promet la présidente frontiste, dans une référence à l’ancien maire républicain de New-York, connu pour sa politique de «tolérance zéro» dans la métropole américaine.

«La sociologie nous est moins favorable que dans un bourg de la Somme»

La tâche s’annonce néanmoins rude pour le tout récent secrétaire départemental du FN à Paris, vieux routier du FN en Picardie, dont il est conseiller régional. «Les relations entre le FN et Paris, c’est une relation d’un amour éconduit, elles n’ont jamais été véritablement au beau fixe. Est-ce qu’il y a peut-être eu une incompréhension? Peut-être. Mais on ne laisse pas Paris de côté», affirme-t-il.

De faibles scores du FN dans la capitale imputés, selon Marine Le Pen, à «la bipolarisation» de la politique, et «aux modifications sociologiques». «Certes, la sociologie nous est moins favorable que dans un bourg de la Somme», souligne Wallerand de Saint-Just. «Nous ne gagnerons peut-être pas ce coup-ci, mais un jour. De toute façon, notre but, c’est l’élection de nombreux conseillers municipaux.»

Selon le candidat, une partie de l’électorat UMP sensibles à l’idéologue Patrick Buisson pourrait se détourner de Nathalie Kosciusko-Morizet, considérée «trop bobo», et choisir le Front national. Un caractère «bobo» fustigé par le frontiste: «Par rapport aux deux candidates bling bling, qui veulent un Paris de la fête, du tourisme et du boboïsme, je ne suis pas ringard. Je tranche par rapport à elles, en incarnant le sérieux», ajoute-t-il à 20 Minutes.

«La baisse des impôts infligés aux Parisiens»

Le programme du candidat, «pas encore totalement établi», s’est fixé comme objectif «le retour des classes populaires, les familles et les entrepreneurs» dans la capitale. Pour cela, le frontiste souhaite une «taxation temporaire des loyers», promet «une baisse de la masse des dépenses de la ville de Paris de 20% en six ans et la baisse des impôts infligés aux Parisiens», ainsi qu’une meilleure circulation automobile dans la ville.

Autre difficulté pour le primo-candidat parisien: L’argent. «En faisant 3,5% aux municipales de 2008 [plutôt 3,17% ndlr], les prêteurs sont réticents avec nous», déplore Wallerand de Saint-Just. J’aimerais d’ailleurs avoir le budget de mes adversaires», soupire-t-il. C’est pour cette raison qu’il préféra mobiliser ses fidèles plutôt que des professionnels, jugés trop chers, pour distribuer des tracts FN dans les boîtes aux lettres.