Acculée par des questions sur Mandela, Marine Le Pen juge que France Inter a «un vieux relent de bolchevisme»

POLITIQUE La présidente du FN n'a pas apprécié qu'un journaliste lui rappelle que son parti n'avait pas toujours soutenu l’ex-président sud-africain...

Enora Ollivier

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Marine Le Pen le 23 mai 2013 à Hénin-Beaumont.
Marine Le Pen le 23 mai 2013 à Hénin-Beaumont. — CHIBANE BAZIZ/SIPA

C’est une Marine Le Pen très agacée qu’on a entendue ce mercredi matin. Invitée de la matinale de France Inter, la présidente du Front national n’a pas aimé que le journaliste Patrick Cohen la prenne en défaut sur la position de son parti au sujet de Nelson Mandela. La leader frontiste a ironisé sur la «sensibilité unique» de la station, avant de souligner son «vieux relent de bolchevisme». «Radio Bolcho, on vous appelle, en dehors des studios! Vous ne le savez pas?» a-t-elle continué dans un rire (jaune).

 

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L’algarade a commencé quand Patrick Cohen a demandé à Marine Le Pen ce que lui inspirait Nelson Mandela. «C’est une figure de l’apaisement», a commenté l’eurodéputée, ajoutant que lorsque «l’Afrique du Sud est sortie de l’apartheid», ce fut «une bonne nouvelle pour le monde entier» parce que c’était un «système détestable». Mais le journaliste lui a alors fait remarquer que «Jean-Marie Le Pen n’a jamais condamné l’apartheid du temps où celui-ci était appliqué» et qu’«il avait même dit qu’il n’était "ni ravi ni ému" par la libération de Mandela».

«Au Front national, il y a des sensibilités différentes»

«Vous vous trompez», a répondu la leader frontiste. «Il se trouve que Jean-Marie Le Pen a toujours condamné l’apartheid, et que Nelson Mandela voulait (le) rencontrer». «Il ne sera plus là pour le dire», a remarqué Patrick Cohen, affirmant se référer à un passage diffusé dans «L’heure de vérité». De fait, des internautes ont retrouvé la séquence en question. Dans cette émission diffusée sur Antenne 2 en 1990 -année de la libération de Nelson Mandela-, Jean-Marie Le Pen explique s’être «toujours méfié des terroristes».

Le journaliste de France Inter a poursuivi son argumentation en rappelant que «l’une des premières décisions de la municipalité Front national de Vitrolles a été de débaptiser la place Nelson-Mandela». Embarrassée, Marine Le Pen n’a pu que confirmer l’information tout en soulignant que «le maire [Catherine Mégret] n’est pas restée longtemps au Front national». «Comme quoi, au Front national, il y a des sensibilités différentes», a lâché la dirigeante. Avant de souligner, donc, le «vieux relent de bolchevisme» de la station.