Pour Claude Bartolone, José Manuel Barroso est un «homme dépassé»

E.O.

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Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, le 25 mai 2013 dans l'hémicycle.
Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, le 25 mai 2013 dans l'hémicycle. — WITT/SIPA

Les échanges d’amabilités se poursuivent entre José Manuel Barroso et les socialistes français. Après Bruno Le Roux qui se «féliciterait» de son départ et Alain Vidalies qui jugeait «nécessaire» de lui répondre, voilà que Claude Bartolone apporte à son tour  de l’eau au moulin de la vive polémique entre Arnaud Montebourg et le président de la Commission européenne.

«Barroso est un homme dépassé», juge le président de l’Assemblée nationale dans une interview au Parisien ce mercredi. «Quand Angela Merkel dit qu’il est une erreur de casting, elle a raison: il n’a rien compris au film», poursuit Claude Bartolone, qui qualifie «sa manière d’agir» d’«insupportable». 

«Une Europe qui ne correspond plus au monde actuel»

«En fin de mandat, il est décomplexé: chassez le naturel et son libéralisme revient au galop», ironise le député de Seine-Saint-Denis. Pour Claude Bartolone, «Barroso incarne une Europe qui ne correspond plus au monde actuel»: « C’est l’Europe du 20ème siècle, celle de la libre circulation des marchandises et des capitaux, de la marche forcée vers l’austérité».

Les propos de José Manuel Barroso sur la France «réactionnaire» ont déclenché une véritable escalade verbale avec la majorité de gauche. «Monsieur Barroso est le carburant du Front national. Voilà la vérité. Il est le carburant de Beppe Grillo [le populiste italien]», avait réagi Arnaud Montebourg, le 23 juin. «Certains souverainistes de gauche ont exactement le même discours que l'extrême droite», a rétorqué le président de la Commission européenne, le lendemain.

«Eviter toute attaque personnelle»

Laurent Fabius a cherché à dégonfler la polémique ce mercredi matin en demandant aux protagonistes d'«éviter de personnaliser». «Le débat avec la commission oui, le pugilat non», a lancé le ministre des Affaires étrangères sur RMC. «L'orientation de la Commission peut être critiquée, la contestation est légitime, mais il faut éviter toute attaque personnelle, dans un sens ou dans l'autre», a-t-il poursuivi.

Quant à l'attaque d'Arnaud Montebourg, «la formulation peut être discutée», a estimé le chef de la diplomatie.